La semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Le thème de cette année 2011 est la phrase biblique des Actes des Apôtres

 

« Unis dans l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière » (2, 42)

 

C’est de Jérusalem, l’Église-mère, que l’appel à l’unité est parvenu cette année aux Églises du monde entier. C’est un défi lancé à toutes les communautés ecclésiales ! L’appel à l’unité va au-delà des mots et nous oriente vraiment vers un avenir qui nous fasse anticiper la Jérusalem céleste et contribuer à sa construction. Les chrétiens à Jérusalem nous ont appelé à faire de cette semaine de prière l’occasion de renouveler notre engagement à travailler pour un véritable œcuménisme, enraciné dans l’expérience de l’Église primitive. Ils nous ont pressés également de prier avec eux et pour eux dans leur aspiration à la liberté, à la dignité, à la justice et à la paix de tous les peuples sur cette terre.

A Sarreguemines, comme l’année dernière, 7 moments de prière le matin avec entre trente et quarante participants, un échange de chaire et une soirée où était proposée de mettre en œuvre cette communion fraternelle par l’apport de nourriture. 3 des éléments du verset 42 qui décrivaient les premières communautés chrétiennes sont mises en œuvre dans les communautés de paroisse de Sarreguemines. Mais la frilosité de nos dirigeants ecclésiastiques empêche toujours encore la fraction commune du pain qui est pourtant le signe par lequel les disciples d’Emmaüs avaient reconnu le ressuscité.

 

Georges Heichelbech

Le synode sur les laïcs de 1987

En 1987 il y eut un synode sur les laïcs. Un an avant, la revue qui s’appelait « L’actualité religieuse dans le monde » avait demandé à ses lecteurs de donner leurs impressions. Voici la lettre que j’avais envoyée à l’époque. Si je la reproduis, c’est qu’elle est toujours d’actualité. Pire, plus on s’éloigne de Vatican II et plus on revient à concevoir à nouveau l’Eglise de ceux qui enseignent et de ceux qui se laissent enseigner, de ceux qui gouvernent et de ceux qui se laissent gouverner, de ceux qui commandent et de ceux qui obéissent. 

Le fait de réunir un synode sur les laïcs est ambigu en soi. Car qui va statuer sur les droits et les prérogatives des laïcs? Ce sont les clercs. Et de plus pas n’importe lesquels. Un Boff, un Schillebeecks, un Küng, un Wackenheim, (et la liste pourrait s’allonger), n’y seront pas. Il y aura peut-être quelques observateurs laïcs, mais méfions-nous des laïcs qui sont plus cléricaux que les clercs! Cela ressemble à du paternalisme. On se réunira entre personnes « bien-pensantes » qui s’appuieront sur la tradition pour décréter ce que les laïcs « auront le droit de faire en plus » à l’intérieur de l’Eglise. Certes depuis le « Voici, vénérables frères, que nous voyons se manifester cette si funeste doctrine qui voudrait faire croire que les laïcs peuvent être, dans l’Eglise, un élément de progrès » du pape Pie X en 1907, une évolution considérable s’est faite, mais elle ne s’est faite qu’en tenant compte des deux préambules suivants « Les responsabilités suprêmes et le pouvoir de décision ne peuvent rester que dans les mains de clercs » et « Plus on est placé haut dans la hiérarchie et plus on est près de la vérité ». Car un fait est entendu et il sera sous-jacent dans toutes les discussions du synode : le laïc ne peut être qu’un auxiliaire du clerc. Et cela se vérifie concrètement tous les jours dans la vie de l’Eglise et dans la vie de nos paroisses. Bien sûr on ne dira pas cela de cette façon mais plutôt « Tous sont responsables dans l’Eglise, mais chacun à sa place » (Ne dit-on pas aussi sans que cela puisse poser problème à certains « Tous, hommes et femmes sont égaux devant le Seigneur »? ). Une conséquence de cette façon de procéder c’est que le synode se déroulera dans l’indifférence générale et les laïcs ne se sentiront pas concernés par les décisions prises dans la mesure où ce ne sera pas leur synode.

A lire ces premières lignes, on pourrait dire : « Encore un laïc aigri, jaloux des clercs et avide de pouvoir dans l’Eglise ». Le problème n’est pas là. Il ne s’agit pas d’opposer clercs et laïcs et surtout pas de mettre les laïcs à la place des clercs. Il s’agit de faire disparaitre la notion de clerc et de laïc. Bien sûr cette idée n’est pas du goût de tout le monde et en particulier pas du goût du cardinal Ratzinger, lui qui sait ce que chaque chrétien a le droit et le devoir de croire. Pour lui, la hiérarchie telle qu’elle existe dans l’Eglise a été voulue par Dieu. C’est une façon autoritaire de clore le débat avant de l’avoir commencé. Mais ayons l’esprit un peu critique sur tout ce que Dieu est censé vouloir. Il me semble que les rois de France l’étaient aussi de par la volonté divine. Pour ce qui est de la hiérarchie dans l’Eglise, consultons l’histoire. Il est intéressant d’apprendre que la notion de clerc et de laïc n’existait pas dans les deux premiers siècles de l’Eglise. Cette distinction s’est développée à partir du troisième siècle et ceci au profit des clercs qui sont devenus une caste qui s’octroya de plus en plus de pouvoir et qui est devenue dominante dans l’Eglise. Et c’est cette caste de clercs devenus progressivement célibataires, qui a développé la théologie dans l’Eglise en particulier aussi dans le domaine qui nous intéresse. C’est une théologie qui malheureusement a longtemps tourné en vase clos, très loin des préoccupations et de la vie concrète des chrétiens. Il est évident que si cette théologie était l’oeuvre d’hommes et de femmes mariés, engagés dans le « monde », de toute condition et de toute race, on n’en serait pas aujourd’hui à célébrer des ADAP, sous prétexte qu’un laïc ne peut pas présider l’eucharistie. On rétorquera que ceci est contraire à la tradition de l’Eglise. Encore faut-il voir comment et par qui cette tradition a été établie. On dira aussi que l’Eglise ne peut être que dans la vérité puisqu’elle est guidée par l’Esprit-Saint. Je pense que l’Esprit-Saint a bon dos. C’est certainement lui qui a fait condamner Galilée qui prétendait que la terre tourne autour du soleil. Croit-on si peu à la force de l’Esprit-Saint qu’il faille lui dresser des garde-fous à l’intérieur desquels il a le droit de souffler, alors que l’Esprit-Saint souffle où il veut ? Un attitude de foi est-ce une attitude de peur et de crispation sur le passé ou est-ce une attitude de confiance en l’avenir, avec évidemment tous les risques que cela suppose ? A Abraham un de nos pères dans la foi, Dieu ne lui avait-il pas dit : « Quitte le pays d’Ur et va vers la terre que je t’indiquerai » ?

Tout ceci pour dire qu’il faudrait traiter le problème non pas en superficie mais beaucoup plus en profondeur car à mon avis c’est un problème d’ecclésiologie des plus importants. L’ensemble du Peuple de Dieu est concerné par ce problème. Il a donc le droit non seulement d’être consulté (et encore faut-il voir dans quelle mesure on tient compte des divers avis) mais aussi le droit de décider. Au départ il faut d’abord s’entendre sur la terminologie de Peuple de Dieu. Bien que moins compétent que certains, j’ose néanmoins affirmer qu’il ne s’agit pas là uniquement d’une notion d’Ancien Testament (En entrant dans ce petit jeu, il est tout aussi facile de dire que le prêtre, dans la théologie catholique, est la reconduction du Grand-Prêtre de l’Ancien Testament). Il ne s’agit pas non plus d’avoir une vision trop « monarchique » du peuple (c’est à dire que la noblesse et le clergé n’en font pas partie). Le Peuple de Dieu n’est donc pas synonyme de laïcs, mais signifie bien l’ensemble des chrétiens avec qui Dieu a fait alliance (j’utilise volontairement le mot chrétien et non le mot catholique, de même que je pense que l’Eglise catholique est une église parmi d’autres, une église dans la grande Eglise et non la seule et vraie Eglise)

C’est dans le Peuple de Dieu, au sens ainsi défini, qu’une réflexion de fond devrait se faire sur l’engagement et la responsabilité de l’ensemble des chrétiens. Et pour commencer, à l’échelle locale, là où chacun se situe. Et de ce coté l’expérience des communautés de base d’Amérique latine peut nous être très utile. Non qu’il s’agit de reproduire d’une façon identique ces communautés dans le monde entier (quand laisserons-nous tomber ce fantasme que tout le monde doit être coulé dans le même moule !), mais il serait possible d’en utiliser certaines intuitions. En particulier que ce qui est premier, c’est le vécu, la « praxis », et que la théologie en découle ; alors que jusqu’à présent la théologie est faite « in vitro » et la pastorale n’en est que le champs d’application. Ce qui est premier c’est la base, c’est l’église locale et la grande Eglise n’est que la communion de ces églises locales, le tout dans la fidélité à l’Evangile et dans la mouvance de l’Esprit.Certes cette conception ne peut que se heurter à la vision traditionnelle. C’est pour cela qu’il est important d’avoir avant tout le souci de construire et non de détruire. Mais l’obéissance à l’Eglise ne signifie pas soumission inconditionnelle. Si Leonardo Boff a été condamné ce n’est pas à cause de la théologie de la libération (Gutierrez préconisait la lutte des classes et personne ne l’a empêché de passer son doctorat de théologie), mais bien à cause de ses prises de position en matière d’ecclésiologie. Il a pourtant accepté le silence qui lui a été imposé car son appartenance à l’Eglise lui paraissait primordiale.

Un « laïc » engagé dans l’Eglise, qui aime son Eglise, mais qui aimerait qu’elle devienne un peu plus crédible aux hommes et aux femmes de notre temps.

Georges Heichelbech

Pourquoi les jeunes catholiques sont-ils presqu’exclusivement « tradis »?

Tout d’abord, au risque de nous répéter, redisons que les jeunes, de façon générale, ne sont pas « tradis ». Massivement, ils ne sont pas du tout catholiques. Il reste que les jeunes qui affirment haut et fort leur identité catholique (ou leur catholicisme comme une identité) sont très largement sensibles à la mouvance traditionaliste, ce qui conduit certains à penser que si l’Église revenait à des pratiques anciennes (liturgiques et catéchétiques), il y aurait de nouveau des jeunes dans les églises. Le raisonnement est évidemment faux, mais il est très en vogue et les courants traditionalistes s’en emparent pour appuyer leurs revendications.Posons-nous cependant la question : pourquoi le catholicisme plaît-il à ces jeunes gens et jeunes filles ? Pour une raison des plus honorables : ils sont épris d’idéal. Ils rêvent de perfection, de pureté, d’absolu. Vous vous en étonnerez : trouvent-ils vraiment cela dans le catholicisme ? Oui, dans leur vision l’Église est une société parfaite, voulue par Dieu. Le pape est le vicaire du Christ, le représentant de Dieu sur la terre. Lui obéir, c’est obéir à Dieu lui-même. Cette Église, sainte, parfaite, irréprochable, détient la Vérité et les clés du ciel. Ce système de pensée totalitaire et totalisant, système de certitudes et de perfection, est profondément satisfaisant pour certains psychismes épris d’absolu. C’est un monde d’ordre où le bien et le mal sont clairement identifiés, un monde sûr et stable. On sait où l’on va et ce qu’on a à faire.Évidemment, il faut des dispositions particulières liées à l’histoire personnelle ou familiale pour entrer dans cette logique. Mais il s’est toujours trouvé des gardiens de révolution ou de jeunes gardes rouges pour entrer dans des logiques quasi sacrificielles de défense de systèmes qui, pourtant, ne semblaient ni très attirants, ni très vertueux. La capacité d’idéalisation du psychisme humain est toujours surprenante! C’est le terreau sur lequel prospèrent les sectes. Il serait regrettable qu’à terme le catholicisme leur soit apparenté. Mais, rappelons-le, ces jeunes gens, obéissants, dévoués et combatifs, prenant fait et cause pour la haute figure paternelle qu’incarne le pape, sont une minorité. Pour la majorité des jeunes générations, le pape n’est qu’un vieil enjuponné, représentant d’une institution poussiéreuse qui s’est compromise avec tous les pouvoirs et qui n’a même pas l’attrait exotique et la bienveillance d’un DalaïLama.

Et ne nous laissons pas aller à croire que les jeunes générations (celles qui ne fréquentent pas les églises) seraient moins généreuses, moins éprises d’absolu et d’engagement que les précédentes. Il y a beaucoup de jeunes gens et de jeunes filles désireux de donner sens à leur vie, prêts à donner leur vie, mais qui veulent le faire les yeux ouverts, l’intelligence en alerte. Doit-on leur dire : « Soyez les bienvenus, veuillez déposer votre intelligence, votre esprit critique et votre liberté de juger et de parler au vestiaire, ne vous inquiétez pas, le pape et les évêques les auront sous bonne garde. Désormais, il vous suffit de faire ce qu’on vous dit de faire, de croire ce qu’on vous dit de croire » ?

Certains soulignent que ce sont les milieux les plus traditionnels qui fournissent les plus gros contingents de vocations. Si l’on regarde la « tendance » depuis dix ans, force est de constater que c’est assez vrai. Deux courants se conjuguent. Un nombre non négligeable de garçons qui veulent être prêtres se tournent vers des formations « traditionnalistes». Et dans les séminaires plus « ordinaires », diocésains, les jeunes gens qui entrent font petit à petit changer les choses en faveur de pratiques de plus en plus classiques, voire conservatrices ou réactionnaires. Les prêtres les plus récemment ordonnés sont significativement plus attachés que leurs aînés aux signes extérieurs de dévotion, aux ornements cultuels, liturgiques et vestimentaires. Faut-il en conclure que si l’Église dans son ensemble était plus « traditionnelle », il y naîtrait plus de vocations ?

C’est aller un peu vite en besogne. C’est supposer que les gens qui ont rompu avec la pratique religieuse, et se sont éloignés de l’Église catholique depuis trente ou quarante ans, l’ont fait parce que l’Église était trop « moderne ». Or rien, absolument rien ne corrobore cette interprétation. C’est même l’inverse. Quand on interroge les gens sur les raisons de leur désaffection, les reproches qui sont faits à l’Église sont d’avoir été incompréhensible, moralisatrice, éloignée des préoccupations communes des gens. Les gens ne sont pas partis parce que des laïcs en responsabilité étaient trop autoritaires ou parce que la messe n’était pas célébrée avec suffisamment de dignité, mais parce que leur curé « ne les écoutait pas », « ne comprenait rien », « les jugeait ».

 

p 117 – 121 du livre d’Anne Soupa et Christine Pedotti « Les pieds dans le bénitier », octobre 2010, Presses de la Renaissance 

 Anne Soupa et Christine Pedotti, respectivement journaliste et éditrice, ont fondé le Comité de la jupe pour lutter contre la discrimination à l’égard des femmes dans l’Eglise catholique, puis la conférence des baptisé-e-s de France pour susciter la conscience et la responsabilité des catholiques 

Le Vendredi Saint de l’Eglise

Dans l’édition de mars 2008 du Prions en Église, le théologien Jacques Lison, en éditorial, réfléchit à la situation actuelle de l’Église d’ici. « En d’autres endroits, écrit-il, l’Église connaît peut-être surtout l’expérience de la joie pascale. Mais il faut bien admettre que, dans notre pays, elle traverse plutôt la zone sombre du Vendredi saint. » Il énumère, ensuite, quelques signes de ce déclin : la baisse de fréquentation des lieux de culte, la pénurie de prêtres, la disparition à venir de plusieurs communautés religieuses et les critiques multiples réservées à l’enseignement moral de l’Église.

Lison ne se décourage pas pour autant. Il reconnaît que « l’Église comme nous l’avons connue va probablement mourir », mais il compte sur le fait que « la foi tenace des gens invente de nouvelles manières de vivre, de célébrer et de transmettre la joie pascale ». Il n’a pas tort, bien sûr, mais sa critique reste incomplète et son espoir, un peu naïf.

Il ne faut pas se surprendre, en effet, du recul de la pratique religieuse. Tous les pays développés connaissent ce phénomène. Au Québec, pendant longtemps, le catholicisme a presque été une religion obligée. La Révolution tranquille, en nous faisant pleinement accéder à la modernité, a mis fin à ce quasi-monopole. D’une certaine manière, ce fut une chance pour l’Église. À partir de ce moment, ceux qui se définissaient comme catholiques le faisaient librement et leur adhésion à cette doctrine y gagnait en profondeur. Le problème, aujourd’hui, car il y en a un, tient au fait que les rigidités de l’institution nuisent au message évangélique lui-même et empêche son renouveau.

« Si le message est vivant, écrit le journaliste français Jean-Claude Guillebaud, alors il doit pouvoir être relu et déchiffré par les hommes et les femmes d’aujourd’hui, avec les mots, la sensibilité et les connaissances de leur époque. » Or, l’Église de Rome, en s’accrochant à des interdictions d’un autre âge, empêche cette actualisation, ternit sa propre réputation et fait décrocher plusieurs fidèles, pourtant attachés au message évangélique.

Le refus du Vatican de remettre en cause le célibat obligatoire des prêtres, de considérer l’accès des femmes au sacerdoce et de permettre l’absolution collective ne repose sur aucun argument théologique valable. De même, son attitude à l’égard des divorcés remariés (interdits de communion) ne brille pas par sa miséricorde. Ses condamnations de l’homosexualité et de la contraception, quant à elles, ne peuvent que choquer.

Dans ces deux derniers cas, l’argument selon lequel l’Église propose un idéal, certes difficile à atteindre mais néanmoins valable, ne tient pas. Demander, en effet, à un homosexuel de ne plus l’être, ou encore de ne pas l’exprimer, revient à lui demander de faire violence à sa personnalité authentique. Où est l’idéal, là-dedans? Le seul idéal évangélique qui vaille, en cette matière, pour les homosexuels comme pour les autres, est celui de l’engagement vrai et de la fidélité. Le reste relève du moralisme à la carte.

En matière de contraception, le même raisonnement s’applique. Avoir douze enfants n’est pas nécessairement un idéal (ni un défaut, bien sûr) et prendre la pilule ou mettre un condom ne revient pas à trahir le message évangélique. Le Vatican, en s’attachant avec force à ces détails, rate l’essentiel et se discrédite aux yeux des modernes que nous sommes.

L’essentiel du christianisme tient à la foi en un Dieu unique, de laquelle découlent la primauté et la dignité de la personne, l’égalité entre les humains, l’universalité du message (qui exclut donc le racisme, le sexisme et la discrimination sociale), le souci des victimes contre les puissants et l’espérance que la mort n’aura pas le dernier mot. Pour avoir su transmettre aussi ce message, l’Église mérite notre reconnaissance. Elle devrait savoir, si elle veut survivre en Occident, que sa grandeur et sa noblesse sont là, et non dans un moralisme justement rejeté par le Christ lui-même. Miséricorde pour tous les humains de bonne volonté, chantait-il au premier matin de Pâques.

Par Louis Cornellier (né en 1969), qui est un journaliste, un écrivain et un professeur québécois