Entre la routine et la magie, la messe

La réorganisation des horaires des messes, suite à la diminution du nombre de prêtres, a fait réagir plus d’un et espérons le a fait se poser des questions sur le sens de la messe. Il est vrai que deux écueils nous guettent. La messe, si nous n’y prenons garde peut devenir une routine ou un acte magique. La routine a pour conséquence de banaliser la démarche au point qu’on ne sait plus très bien pourquoi on va à la messe. Cela peut conduire les personnes conformistes à s’aliéner dans un ritualisme légaliste, source d’identification sécurisante et d’autres à abandonner une pratique dont ils ne voient plus l’intérêt.

A l’opposé, dans la ligne de l’idolâtrie dénoncée par les prophètes d’Israël, la magie se nourrit de la prétention de l’homme religieux à opérer son salut par des moyens dont il a la maîtrise. Ces moyens consistent de préférence en paroles et en conduites rituelles. A reconnaître aux rites correctement célébrés une efficacité quasi mécanique, on en vient à négliger dangereusement ce qui donne tout leur sens aux sacrements chrétiens, c’est à dire la démarche de foi par laquelle l’assemblée reçoit de Dieu, par le Christ et dans l’Esprit, le don du salut.

Le congrès eucharistique de Lourdes de 1981 définit en sept têtes de chapitres les divers moments de l’action eucharistique : l’Eglise se rassemble, proclame la parole de Dieu, rend grâce au Père, fait mémoire du Christ, fait appel à l’Esprit Saint, communie au corps du Christ et participe à la mission du Christ.

Cette dynamique existait déjà dès le début du christianisme. Cependant au Moyen Age, il y eut une inflation de messes et on pensait que plus le nombre de messes auxquelles on assistait était important et meilleure était notre vie de chrétien. Certains prêtres célébraient aussi des messes tout seuls, sans fidèles. Les lecteurs d’un certain âge se souviennent sans doute de prêtres qui célébraient une messe sur un autel latéral pendant que les fidèles étaient censés suivre la messe de l’autel principal. Comme gamin je m’amusais à voir lequel des prêtres allait le plus vite. Avec l’importance grandissante du rôle du prêtre au cours de l’histoire, d’acteurs les laïcs devinrent spectateurs. Qui ne se souvient de personnes récitant le chapelet durant la messe. Vatican II a partiellement rétabli l’équilibre, mais la majorité des fidèles gardent toujours une attitude passive, ce qui démobilise nombre de personnes et notamment les jeunes. Dans la mentalité catholique la messe a été tellement majorée que toute autre célébration est considérée comme mineure et souvent on pense que le fait d’assister à la messe est l’essentiel de la démarche chrétienne, oubliant ou négligeant la prière, la recherche spirituelle ou l’engagement dans la société et le service de nos frères.

Si nous ne voulons pas que la messe devienne routine ou magie, nous sommes amenés à nous poser des questions bien plus fondamentales que celles de savoir si on y va le samedi ou le dimanche ou si nous chantons en latin ou non.

Cet article s’inspire du livre de Charles Wackenheim portant le même titre

Quelle liberté politique, quelle liberté de la parole et quelle liberté de décision sont laissées aux fidèles dans l’Eglise?

L’Eglise du 19ème siècle s’est définie face aux Etats comme une société parfaite, c’est-à-dire, disposant absolument de tous les pouvoirs qu’il y avait dans les Etats. Je rappelle qu’à ce moment là, il y avait encore un Etat du Vatican, qui est un Etat de l’Eglise, il y avait des Etats de l’Eglise en Italie, où le pape était en même temps souverain temporel qui traitait à égalité avec les autres souverains. La papauté imposait son propre idéal politique. Alors, l’Eglise se définissait comme une société parfaite, c’est-à-dire dotée de tous les pouvoirs. L’Eglise a voulu s’affirmer comme société parfaite en voyant combien l’idée démocratique gagnait du terrain en Europe où beaucoup d’Etats monarchiques devaient laisser au moins les aristocrates ou les hommes plus riches élaborer des constitutions et donc reconnaître une certaine liberté aux autres. C’était aussi l’époque où tous les Etats monarchiques étaient menacés par l’idée démocratique c’est-à-dire par l’idée que le pouvoir appartient au peuple. Pour la papauté, c‘était une idée tout à fait irréligieuse car le pouvoir vient de Dieu. Il ne monte pas du peuple, il descend de Dieu. La papauté était persuadée que l’aspiration démocratique allait entraîner l’Europe dans le chaos politique, de telle sorte qu’un jour, tous les Etats se retourneraient vers l’Eglise et l’Eglise tenait à donner l’exemple d’être la société parfaite. Une société parfaite, c’était une monarchie absolue de droit divin, un tout petit peu tempérée par le collège des cardinaux. Et donc, le pouvoir appartient exclusivement à la succession apostolique des évêques, successeurs des Apôtres. C’est un pouvoir sacré, réservé aux personnes consacrées. Rappelez-vous que les rois étaient aussi sacrés, une sacralisation reçue du pape, qui marquait bien que le roi ou l’empereur était l’oint du Seigneur, c’est-à-dire tout proche de Dieu. Il avait reçu l’onction. Et donc pour l’Eglise, la démocratie s’oppose au droit divin, selon lequel tout pouvoir vient de Dieu, le droit révélé. D’où l’Eglise ne veut pas de démocratie sous quelque forme que ce soit, par exemple l’idée ce que l’on a appelé un moment le présbytérianisme, où le pouvoir serait aux mains de l’assemblée des prêtres ; ou encore l’Eglise a combattu l’idée que le concile œcuménique serait supérieur au pape. C’est ainsi que s’est construite, l’idée de la primauté pontificale.

Vatican II a apporté bien des adoucissements à cette vision des choses, c’est certain. Il y a des aménagements qui sont entrés dans le droit canon, ce n’est pas niable. Par exemple, il y a des laïcs qui sont entrés dans les conseils pastoraux. Vatican II a fortement invité tous les évêques et les curés à faire appel au conseil des laïcs, à faire entrer des laïcs dans leurs conseils. J’ai bien dit conseil… je n’ai pas parlé de la prise de décision ; le conseil, la réflexion, mais c’est déjà quelque chose ! Le droit canon reconnaît un droit d’association aux laïcs, à condition qu’ils se déclarent, bien entendu. Il n’empêche que la question se pose : est-ce que le chrétien jouit, dans l’Eglise, de droits citoyens comparables à ceux dont il jouit dans la société civile ? On peut se poser la question. On y répond d’ailleurs assez vite.

Il ne faut pas oublier aussi qu’il y a l’inégalité qui tient à la consécration. Le pouvoir appartient aux clercs depuis l’institution de la distinction entre laïcs et clercs qui remonte au début du IIIème siècle, avec ce qu’on appelle la tradition apostolique d‘Irénée, qui n’a rien d’apostolique d’ailleurs. Mais, c’est le moment où l’on a commencé à imposer les mains à des personnes qui avaient, seules, le droit de participer à la liturgie. Donc, une inégalité hommes – femmes, puisque l’Eglise ne permet pas aux femmes d’accéder à la consécration. Est-ce que cet accès à la consécration sacerdotale serait le seul moyen de rétablir des droits politiques dans l’Eglise ? A vous encore d’y réfléchir. Mais il est certain que l’inégalité homme – femme devient de plus en plus choquante dans un monde dont l’évolution se caractérise, inversement, par la participation de plus en plus grande des femmes à tous les échelons du pouvoir, du pouvoir politique comme du pouvoir industriel. Donc, au regard du monde sécularisé, le chrétien ne jouit pas, dans l’Eglise, des prérogatives et des libertés qui sont considérées comme constitutives des droits humains dans le société civile. Le chrétien n’est pas un individu majeur. Il est encore mineur. La femme encore plus. Et cela contribue très fortement à la séparation du monde et de l’Eglise, et contribue très fortement à la perte de crédibilité du langage théologique. Et même quand nous considérons les très belles avancées de Vatican II, en direction du monde moderne, il est certain que ces avancées sont réelles, très réelles, mais que le langage de l’Eglise n’est pas crédible, vu qu’elles ne sont pas appliquées à l’intérieur de l’Eglise, qu’il n’y a pas de liberté de parole dans l’Eglise, que les fidèles ne participent pas à l’organisation de la cité chrétienne, de la cité ecclésiale et que les femmes sont traitées à inégalité avec les hommes.

Comment reconstruire l’Eglise en société respectueuse des droits politiques de ses fidèles ?

Comment les chrétiens peuvent-ils arriver à tenir une parole responsable dans l’Eglise ? Comment faire ?

Il est certain que l’Eglise n’entend pas laisser, par exemple, ses dogmes et ses pratiques religieuses, et les abandonner à la libre initiative des fidèles. On ne peut oublier que l’Eglise est un Etat de droit, comme on aime à le dire de nos jours. C’est-à-dire qu’elle est fondée sur une écriture, une tradition. On pourrait rappeler que, pendant très longtemps, la coutume était d’élire les évêques. Les évêques étaient élus par leur communauté. C’est quand l’administration de l’Eglise s’est modelée sur l’administration impériale après la conversion de Constantin, c’est à ce moment-là que toute la vie de l’Eglise a changé et qu’elle est devenue beaucoup plus hiérarchique et centralisée etc.

La hiérarchie ecclésiastique se dit dépositaire du droit divin, de l’écriture et de la tradition, mais cela ne devrait pas empêcher les catholiques, les chrétiens, les fidèles, d’exercer une fonction interprétative.

La tradition a toujours été une innovation incessante qui reflète beaucoup des évolutions culturelles des sociétés où les laïcs ont eu leur importance. Comment se fait-il, par exemple, que la pénitence privée a succédé, au XIème siècle, à la pénitence publique ? Parce que les chrétiens ne voulaient plus de la pénitence publique, ne voulaient plus s’y soumettre, et alors l’Eglise a évolué pour cette raison-là. Comment les laïcs pourraient-ils exercer une fonction interprétative ? Comment concevoir des droits de citoyenneté, de concitoyenneté dans l’Eglise. Il faut se rappeler, bien sûr, que Paul ne prônait rien tant que l’unité de la foi. Autrement dit, aucun chrétien ne peut prétendre imposer sa parole à d’autres. Aucun groupe chrétien ne peut l’imposer aux autres groupes chrétiens. Il faut avoir le souci de l’unité, d’un certain consensus. Alors, il ne faut pas s’attendre à ce que les évêques, d’eux-mêmes, donnent la liberté de la parole aux chrétiens. Il ne faut pas rêver. Il y a des évêques qui, de plus en plus, consultent, oui, mais il ne faut pas oublier non plus que l’épiscopat, c’est la chaîne historique qui nous rattache aux origines chrétiennes. C’est à ce titre que je tiens au symbole des Apôtres, non pas pour refuser aux chrétiens ou à des groupes chrétiens de se faire des credo particuliers. Mais c’est le lien qui nous rattache à l’événement historique de Jésus-Christ, à la révélation historique de Dieu en Jésus-Christ. Le symbole des Apôtres rappelle que Jésus était un homme de l’histoire et que l’Esprit Saint vient de lui, l’Esprit Saint qui forme la communauté.

Donc les chrétiens peuvent revendiquer le droit d’exercer la responsabilité de leur « vivre ensemble » en l’Eglise. Et aucune autorité religieuse ne peut les empêcher de prendre la responsabilité de leur « être chrétien » dans le monde, de leur « être avec les autres » dans le monde. Encore doit-il prendre aussi ses responsabilités sur la base d’une lecture commune de l’Evangile, d’une interprétation collective de l’Evangile pour voir comment vivre en chrétien dans le monde et comment vivre dans l’Eglise en « être politique » c’est-à-dire en être libre. Comment vivre la vie de l’Eglise dans des communautés de partage de la parole évangélique ? Là, je crois que vous savez faire. Vous avez là un savoir-faire à répandre, en évitant d’effrayer les autres. Hélas, tous n’aspirent pas à la même liberté, c’est ça qui est triste. Il faudrait rendre attractive la liberté à laquelle nous, nous aspirons et que nous essayons de prendre. Mais transformer de plus en plus la vie en Eglise, non pas en réunions cultuelles mais en communautés de partage de la parole évangélique. Ce partage incluant le partage du pain, comme ça se faisait au début de l’Eglise. Partager la parole, c’est ainsi que, peu à peu, les fidèles pourront prendre et exercer des droits de citoyenneté dans l’Eglise.

Il y a là, donc, un vaste champ de réflexion en se disant et en essayant de faire comprendre aux autorités de l’Eglise, que l’Eglise ne sera respectée dans le monde que dans la mesure où elle apparaîtra, elle-même, comme un espace de vie et de liberté politiques. Tant qu’elle n’apparaîtra pas ainsi, alors elle apparaîtra comme une secte religieuse où c’est le rite qui domine tout. La chance de l’Eglise de répandre l’Evangile dans le monde, c’est de montrer, elle-même, qu’il y a, dans l’Eglise, une liberté de parole, d’échange de parole, de construction d’une parole chrétienne

Ceci est un extrait de la conférence du Père Joseph Moingt prononcée le 27 mars 2011, lors de la Rencontre de la Communauté Chrétienne dans la Cité (CCC).

La conférence complète se trouve sur le site de NSAE (Nous Sommes Aussi l’Eglise)

http://www.nsae.fr/2011/07/13/l%e2%80%99humanisme-evangelique-par-joseph-moingt/

 

Prendre position pour l’ordination des femmes peut conduire à être excommunié

Roy Bourgeois, prêtre missionnaire de Maryknoll, est un militant de longue date: il est le fondateur de SOA Watch qui lutte depuis 19 ans pour la fermeture de l’École des Amériques de l’armée des États-Unis, école qui a « formé » les dictateurs et tortionnaires qui ont commis des atrocités dans tous les pays du sous-continent. Il est présentement menacé d’excommunion par le Vatican pour avoir pris publiquement position en faveur de l’ordination des femmes dans l’Église catholique.

Voici la lettre qu’il a envoyée à la Congrégation pour la doctrine de la foi, en réponse à sa menace d’être excommunié

J’ai été très attristé par votre lettre datée du 21 octobre 2008, me donnant trente jours pour renier ma conviction et mes positions publiques appuyant l’ordination des femmes dans notre Église, sous peine d’être excommunié.

Je suis prêtre catholique depuis 36 ans et j’ai un amour profond pour mon Église et mon ministère.

Quand j’étais jeune militaire, j’ai senti que Dieu m’appelait à la prêtrise. Je me suis joint à Maryknoll et j’ai été ordonné en 1972.

Durant ces années, j’ai rencontré un grand nombre de femmes dans notre Église qui, comme moi, se sentaient appelées par Dieu à la prêtrise. Vous, les leaders de l’Église au Vatican, vous nous dites que les femmes ne peuvent pas être ordonnées.

Avec tout le respect que je vous dois, je crois que l’enseignement de notre Église catholique a tort sur cette doctrine qui ne résiste pas à l’analyse. Un rapport de la Commission pontificale biblique de 1976 appuyait la recherche des spécialistes en Écriture sainte, des canonistes et de nombreux fidèles catholiques qui avaient étudié et soupesé les Écritures et avaient conclu qu’il n’y a pas de justification biblique pour exclure les femmes de la prêtrise.

Comme peuple croyant, nous professons que l’invitation au ministère de la prêtrise vient de Dieu. Nous professons que Dieu est la source de la vie et qu’il a créé l’homme et la femme dans une égalité de statut et de dignité. La doctrine en cours de l’Église catholique sur l’ordination des femmes implique que le Dieu tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre, est en sorte incapable d’habiliter une femme à être un prêtre.

Des femmes dans notre Église nous disent que Dieu les appelle au sacerdoce. Qui sommes-nous, les hommes, pour dire aux femmes : « Notre appel est valide, mais pas le vôtre. » Qui sommes-nous pour trafiquer l’appel de Dieu?

Le sexisme autant que le racisme est un péché. Peu importe les grands efforts et le temps que nous mettons pour justifier la discrimination, à la fin, cela demeure toujours immoral.

Des centaines de temples dans l’Église catholique aux États-Unis se ferment à cause d’un manque de prêtres. Pourtant il y a des centaines de femmes engagées et prophétiques qui nous disent que Dieu les appelle à servir notre Église comme prêtres.

Si nous devons avoir une Église vigoureuse et en santé, enracinée dans les enseignements de notre Sauveur, nous avons besoin de la foi, de la sagesse, de l’expérience, de la compassion et du courage des femmes dans le sacerdoce.

La conscience est quelque chose de très sacrée. La conscience nous donne un sens de ce qui est bien et mal. C’est la conscience qui a poussé Franz Jagerstatter, un humble paysan autrichien, mari et père de quatre jeunes enfants, à refuser de se joindre à l’armée de Hitler, ce qui a mené à son exécution. C’est la conscience qui a poussé Rosa Parks à affirmer qu’elle ne pouvait plus continuer d’aller s’asseoir à l’arrière de l’autobus. C’est la conscience qui pousse les femmes dans notre Église à dire qu’elles ne peuvent plus demeurer silencieuses et désavouer leur appel de Dieu à la prêtrise. C’est la conscience qui a forcé ma chère mère et mon cher père, maintenant âgées de 95 ans, de toujours chercher la rectitude comme fidèles catholiques en élevant quatre enfants. C’est ma conscience qui m’oblige à faire la bonne chose. Je ne peux pas renier ma conviction ni mes positions publiques concernant l’ordination des femmes dans notre Église.

Travailler et lutter pour la paix et la justice font partie intégrale de notre foi. C’est pour cette raison que je parle contre la guerre en Irak. Et que durant les dix-huit dernières années, j’ai parlé ouvertement contre les atrocités et les souffrances causées par l’École des Amériques (SOA). Il y a huit ans, alors que j’étais à Rome pour une conférence sur la paix et la justice, j’ai été invité à parler de l’École des Amériques à la radio Vatican. Durant l’entrevue, j’ai affirmé que je ne pouvais pas parler de l’injustice par rapport à l’École des Amériques et demeurer silencieux sur l’injustice commise dans mon Église. J’ai terminé l’entrevue en disant : « Il n’y aura jamais de justice dans l’Église catholique tant que les femmes ne seront pas ordonnées. » Je demeure fidèle à cette conviction aujourd’hui.

Avoir un clergé tout mâle implique que les hommes sont dignes d’être prêtres catholiques, et que les femmes ne le sont pas.

D’après USA TODAY, le 28 février 2008, seulement aux États-Unis, près de 5 000 prêtres catholiques ont abusé sexuellement plus de 12 000 enfants. De nombreux évêques, au courant des abus, sont demeurés silencieux. Ces prêtres et ces évêques n’ont pas été excommuniés. Mais les femmes appelées par Dieu et qui sont ordonnées pour servir le peuple de Dieu, ainsi que les prêtres et les évêques qui les appuient, sont excommuniés.

Le silence est la voix de la complicité. C’est pourquoi j’en appelle à tous les catholiques, aux confrères prêtres, aux évêques, au pape Benoît XVI et à tous les leaders de l’Église au Vatican, de parler haut et fort contre cette injustice grave d’exclure les femmes de la prêtrise.

L’archevêque Romero du Salvador a été assassiné à cause de sa défense des opprimés. Il a dit : « Que ceux qui ont une voix, parlent pour les sans-voix. »

Notre Dieu aimant nous a donné une voix. Parlons clairement et bravement et marchons en solidarité comme Jésus le ferait, avec les femmes de notre Église qui sont appelées à la prêtrise.

En paix et justice,

Rev. Roy Bourgeois, M.M.

PO Box 3330, Columbus, GA 31903

Le cardinal Policarpo et l’ordination des femmes : vive la liberté d’expression dans l’Eglise catholique !!!

Voici dans un premier temps ce qu’avait déclaré le cardinal Policarpo et l’analyse qu’en a faite Jean Rigal dans le numéro de Témoignage Chrétien du 7 juillet 2011

Le patriarche de Lisbonne ne parle pas à la légère. Dans le cadre d’une interview au bulletin des avocats portugais, il déclare que « d’un point de vue théologique, il n’y a aucun obstacle fondamental à l’ordination des femmes ».. Le cardinal ne manque pas de rappeler « qu’il y a une égalité fondamentale de tous les membres de l’Eglise ». C’est donc, selon son opinion, que le refus d’ordonner des femmes à la prêtrise relève essentiellement de la « tradition », mais non de raisons proprement théologiques.

Il est frappant de constater que le refus de l’ordination des femmes s’est appuyé sur une diversité de raisons au cours des siècles. On a longtemps avancé l’idée – aujourd’hui insoutenable en bien des pays – que «  les femmes ne peuvent recevoir l’ordination parce qu’elles ont un statut de subordination ». C’était l’opinion de Gratien, le prince des canonistes, ( 12ème s.) et celle de Thomas d’Aquin (13ème s.).

Plus récemment, on a mis en avant le fait que jamais l’Eglise catholique n’a admis que les femmes puissent recevoir validement l’ordination presbytérale ou épiscopale. Le fait est irrécusable et le cardinal Policarpo le reconnaît. Mais il faut se demander si ce qu’on appelle « la Tradition vivante de l’Eglise » est de l’ordre de la répétition ou si elle a plutôt une dimension eschatologique tournée vers l’avenir.

Depuis la Déclaration « Inter insigniores » de la Congrégation de la doctrine de la foi (1976), le refus de l’Eglise catholique se fonde sur le choix des douze apôtres. L’argument prédominant est donc celui-ci : « L’Eglise n’a, en aucune manière, le pouvoir de conférer l’ordination sacerdotale à des femmes, et cette position doit être définitivement tenue par tous les fidèles ». Cet enseignement a été plusieurs fois répété au cours des dernières décennies : dans le Code de droit canonique (canon 1024) et dans différents documents des papes Jean-Paul II et Benoît XVI . On insiste sur le fait que cet enseignement ne repose pas d’abord sur la force des arguments ou sur une décision qui appartient à l’Eglise, mais sur la volonté du Christ.

Dès lors, il importe de s’interroger sur le fait que Jésus n’a appelé que des hommes à faire partie du groupe des Douze. Cela pose une question majeure d’interprétation où les avis se montrent différents. Pour le cardinal Daniélou, favorable à l’ordination des femmes « la portée symbolique de ce choix eût été annulée si Jésus avait inclus parmi les Douze une femme mais aussi bien un non-juif (un Samaritain, par exemple). « Et faudrait-il aujourd’hui, demandait-il, que tous les prêtres appartiennent au peuple juif ? ». Précisons que le cardinal Martini, archevêque émérite de Milan, était, lui aussi, favorable à un ré-examen de la question.

Tout le monde admet qu’au temps de Jésus, dans la tradition juive, « seuls les hommes pouvaient être acceptés comme témoins au tribunal, le témoignage des femmes étant considéré comme non fiable ». (Benoît XVI. Jésus de Nazareth, De l’entrée de Jérusalem à la Résurrection.). Certes, à l’époque, de nombreuses religions avaient des prêtresses, mais est-ce un argument décisif qui peut s’appliquer à l’institution originale des Douze ? -Pour le cardinal Policarpo « tout cela est un faux problème ».

Une question importante demeure. Ce qui serait théologiquement possible est-il forcément opportun dans un contexte donné ? – Non, répond – sans doute trop brièvement – le cardinal. On aurait aimé qu’il fasse plus directement allusion aux difficultés inouïes qu’entraînerait une décision positive. Difficultés à l’intérieur de la communauté catholique, avec les risques d’une grave scission. (La communion anglicane nous le rappelle à sa manière). Difficultés œcuméniques avec les Eglises orthodoxes, très généralement hostiles à une telle ouverture.

Beaucoup de catholiques favorables, sur le fond, à l’ordination presbytérale des femmes sont capables de comprendre ces arguments d’opportunité.

Retenons, au moins, que cette question complexe remet implicitement en cause une certaine conception de la communauté ecclésiale. Une nouvelle image de l’Eglise se dessine lorsque femmes et hommes vivent mieux « cette égalité et cette parité » si profondément évangéliques. Des avancées se sont produites à cet égard mais beaucoup reste à faire.

Et voici le rectificatif du Cardinal Policarpo, publié par Zénit le 8 juillet, sans doute sous la contrainte du Vatican : L’ORDINATION DES FEMMES EST IMPOSSIBLE

Sur la question de l’ordination sacerdotale des femmes, le cardianal José Policarpo, patriarche de Lisbonne (Portugal) est « en communion avec le pape ». Il clarifie cette question dans une lettre publiée récemment à la suite de la polémique qu’ont suscité certaines de ses déclarations parues dans le dernier numéro de la revue portugaise de l’Ordre des avocats.

Interrogé sur les responsabilités confiées aux femmes dans l’Église, le cardinal avait dit : « Je pense qu’il n’existe pas d’obstacle théologique fondamental » contre l’ordination des femmes, et qu’« aucun pape n’a de pouvoir sur ce point ». Il ajoutait toutefois que « cela provoquerait des tensions, et cela n’arrivera que si Dieu le veut et si cela entre dans Ses projets ».

Dans son explication, le cardinal Policarpo reconnait que lui-même n’a jamais « traité la question de manière systématique ».

« Les réactions à cet entretien, dit-il, m’ont obligé à considérer la question avec plus d’attention. N’ayant pas tenu assez compte notamment des dernières déclarations du magistère, j’ai donné lieu à ces réactions », a-t-il souligné.

C’est pourquoi, a-t-il ajouté, « j’estime qu’il est de mon devoir de clarifier ma position aux yeux des fidèles ».

Le cardinal a souligné qu’il serait navré de savoir que ses paroles « ont pu jeter le trouble quant à son adhésion à l’Église et à la parole du Saint-Père ».

« Je crois vous avoir montré que la communion avec le Saint-Père est absolue dans l’exercice de mon ministère », a-t-il insisté.
Le patriarche est ensuite revenu sur la « complémentarité de l’homme et de la femme dans l’histoire du salut », qui « atteint sa plénitude dans la révélation du Christ et de Marie », et sur le ministère sacerdotal, enraciné dans le Nouveau Testament, qui, a-t-il rappelé, dès le début, « n’était conféré qu’aux hommes ».

« Le fait qu’il n’y ait pas de femmes parmi ses successeurs et collaborateurs, a-t-il souligné, ne signifie pas minimiser la femme, mais rechercher la complémentarité entre l’homme et la femme qui se réalise pleinement dans les relations entre le Christ et Marie ».

Selon le cardinal Policarpo, une des causes de la revendication du sacerdoce féminin est « la perte de conscience de la dignité sacerdotale de tous les membres de l’Église, réduisant l’expression sacerdotale à un sacerdoce ordonné ».

Une autre cause serait, selon lui, « la compréhension du sacerdoce ministériel comme étant un droit et un pouvoir, sans percevoir que personne, ni homme ni femme, ne peut revendiquer ce droit, se trouvant à accepter l’appel de l’Église à ce service, qui inclut le don de sa propre vie ».

Le magistère récent des papes, a-t-il rappelé, interprète cette tradition ininterrompue de n’ordonner que des hommes « non seulement comme un moyen pratique de procéder, qui peut changer au rythme de l’action de l’Esprit Saint, mais également comme expression du mystère de l’Église, que nous devons accueillir dans la foi ».

« Nous sommes donc invités à respecter le magistère du Saint-Père, dans l’humilité de notre foi, à approfondir encore ce lien entre le sacerdoce ministériel et la qualité sacerdotale de tout le Peuple de Dieu et à découvrir le moyen féminin de construire l’Église, dans le rôle décisif de la mission de nos sœurs, les femmes », a conclu le cardinal Policarpo.

Vive la liberté d’expression à l’intérieur de l’Eglise catholique !!!

Ecriture et tradition dans le dialogue oecuménique catholiques-protestants

Dans l’Eglise catholique, on ne se réfère pas uniquement à la Bible pour interpréter le message de la foi. On y ajoute la Tradition avec T, disant par là que la révélation n’est pas encore achevée et qu’elle s’affine encore. Les expressions de croyances post-bibliques correspondantes ont été appelées Tradition. Par contre les protestants pensent que la Bible est la seule source de la révélation. Historiquement au départ l’opposition catholiques-protestants s’est durcie sur ce point d’autan plus que du coté catholique le Concile de Trente a eu une formulation malheureuse du problème en parlant des deux sources de la révélation, à savoir la Bible et le Tradition. En fait même chez les protestants existe une certaine tradition. En un sens plus large du terme, la Tradition correspond à tout le processus de transmission de la foi chrétienne, de génération en génération, par la prédication, la catéchèse, l’enseignement, les prières et le culte, les gestes et attitudes, les doctrines, et la Bible elle-même. Et de ce point de vue il n’est pas possible d’opposer Bible et Tradition dans la mesure où par exemple les récits du nouveau testament sont le reflet des traditions des premières communautés chrétiennes. Il faut aussi distinguer Tradition et tradition(s). La Tradition est la foi vivante et vécue de l’Église; les traditions sont des façons habituelles d’agir ou d’exprimer des données relatives à la foi, qui peuvent ou non être essentielles à cette foi. Mais là où les choses se compliquent c’est que dans l’Eglise catholique la Tradition est normative et suivant les sensibilités qu’on a, on peut facilement glisser d’une tradition avec t à la Tradition avec T. Prenons le problème précis de l’ordination des femmes au sacerdoce. Si le fait que ce ne soient que des hommes qui soient prêtres dans l’Eglise catholique relève de la Tradition avec T, cela fait partie de l’identité de l’Eglise et l’Eglise se renierait elle-même en changeant son attitude. Cela signifie que le danger de l’Eglise catholique est de se fabriquer un carcan dans lequel elle s’enferme elle-même en pensant que c’est par fidélité au message de Jésus Christ. Et on va jusqu’à dire que c’est Dieu lui-même qui veut que la femme ne devienne pas prêtre, ce qui est une affirmation tout à fait contestable.

Mais la situation se complique encore davantage entre catholiques et protestants parce que les catholiques pensent que la Tradition avec un T peut expliciter des articles de foi qui ne se trouvent pas explicitement dans la Bible. On est amené ici à aborder le problème des dogmes qui existent dans la foi catholique et pas dans la foi protestante. Ceux qui posent problème aux protestants ce sont les dogmes de l’immaculée conception (1854), de l’Assomption (1950) et de l’infaillibilité pontificale (1870). Encore au début de ce siècle l’Eglise catholique était opposée à la méthode historico-critique pour l’étude de la Bible. Elle a mis encore beaucoup plus de temps pour admettre le principe d’une herméneutique des dogmes, c’est à dire d’une étude critique des dogmes. Actuellement beaucoup de théologiens catholiques pensent qu’à titre d’expressions humaines d’une croyance, les dogmes sont sujets aux mêmes limites de langage, de style, de structure, et même de justesse, que toute autre expression humaine.

Mais corsons encore un peu le problème. Dans l’Eglise catholique les croyances officielles de l’Église sont portées à la connaissance des croyants par un corps enseignant faisant autorité, connu sous le nom de magistère. Et le catholique se doit d’obéir au magistère. Je prends par exemple un extrait de la constitution « Lumen Gentium » de Vatican II où il est dit : «Comme tous les fidèles, les laïcs doivent embrasser, dans la promptitude de l’obéissance chrétienne, ce que les pasteurs sacrés en tant que représentants du Christ, décident au nom de leur magistère et de leur autorité dans l’Eglise. A côté de cette citation donnons aussi une citation extraite du grand catéchisme de Luther. C’est un paragraphe qui conclue un commentaire qu’il fait du symbole des apôtres, donc du credo. Il dit : «Que ce qui a été dit du Symbole (des apôtres) suffise, à présent, pour former une assise solide pour les simples. Qu’on ne les surcharge pas! Il faut qu’après en avoir compris l’essentiel, ils poursuivent par eux-mêmes leurs efforts de recherche, et que ce qu’ils apprennent dans l’Écriture, ils le rattachent ici, et qu’ils augmentent et croissent sans cesse dans une intelligence plus riche. Car, aussi longtemps que nous vivrons ici-bas, nous aurons à en faire, chaque jour, l’objet de notre prédication et de notre étude».

Vous voyez donc qu’il y a une différence complète entre ces citations. Même si la Bible est un élément commun aux catholiques et aux protestants la manière, au moins officielle, de la lire n’est pas la même. D’ailleurs jusqu’à Vatican II, peu de catholiques lisaient de façon systématique la Bible. L’Eglise catholique n’encourageait pas ce genre de lecture parce qu’elle avait beaucoup trop peur que les gens simples, comme le dit Luther, en fassent une lecture erronée. Les catholiques possédaient plutôt ce qu’ils appelaient une « Histoire Sainte » qui se composait d’extraits de la Bible soigneusement choisis, dont on avait éliminé les passages un peu scabreux, et dont le but était d’édifier les personnes qui la lisaient. Et pour ceux qui lisaient la Bible, lorsqu’il y avait un passage un peu litigieux, il existait une interprétation officielle du texte. Je donne un exemple. Un moment donné dans le nouveau testament il est question des frères de Jésus. Le lecteur catholique n’a pas le droit d’y voir des frères biologiques de Jésus parce que cela serait en contradiction avec la vision catholique de la virginité de Marie, alors qu’une exégèse approfondie de ce texte ne permet pas d’écarter cette hypothèse.

Vous voyez donc que la différence catholiques-protestants n’est pas simplement une différence de doctrine, mais aussi une différence d’articulation de ces doctrines. Et ces différences amènent des différences de comportement des uns et des autres, si les uns et les autres veulent se conformer aux doctrines de leurs Eglises. L’obligation ou la non-obligation d’obéir à un magistère conditionne les comportements surtout que le magistère dans l’Eglise catholique est compétent tant sur le plan de la foi que sur le plan des moeurs.

De ce côté il y a une différence radicale, au moins en théorie, dans le comportement moral du catholique et du protestant. Prenons le domaine de la sexualité. Paul VI dans Humanae Vitae dit : « Tout acte sexuel, pris individuellement doit être ouvert à la vie c’est à dire qu’un acte sexuel ne peut en aucun cas être dissocié de l’idée de la procréation ». Il dit aussi « Utiliser une méthode de contraception autre que naturelle est un acte intrinsèquement mauvais et cela est contraire à la volonté de Dieu. » La fédération protestante de France se contente de parler de paternité et de maternité responsable et ajoute que c’est à chaque couple de choisir la méthode de contraception la plus appropriée. Un bon catholique devrait suivre les directives du magistère et n’a pas le droit de mettre en cause le bien-fondé des affirmations de Paul VI qui restent encore actuellement la position officielle de l’Eglise catholique dans ce domaine. En fait dans la réalité la plupart des catholiques ne suivent pas ces directives et concrètement se comportent face à ces problèmes comme les protestants. Cela montre les limites de l’impact réel du magistère

Si je tire un petit bilan de ce que je viens de dire jusqu’à présent, je me rend compte qu’il n’est pas possible de couper en rondelles les différences catholiques-protestants mais que tout se tient et que les différentes notions sont imbriquées les unes dans les autres. Il n’est pas possible de parler de la notion d’Ecriture et de Tradition sans en même temps parler de dogmes, du magistère et de la perception de l’éthique.

Appel à la désobéissance (Autriche 19 juin 2011)

Le 19 juin dernier les prêtres et diacres d’Autriche ont lancé un appel à la désobéissance. Pour le moment il a été signé par plus de 300 prêtres et diacres sur un total de 3900 prêtres et 600 diacres que compte l’Autriche.Voici l’original de cet appel et voici la traduction que j’en ai faite. Actuellement sur ce site vous trouvez directement la traduction de cet appel dans différentes langues mais quand j’ai écrit l’article, elles ne figuraient pas.

Appel à la désobéissance

Le refus romain d’une réforme de l’Eglise nécessaire depuis bien longtemps et l’inaction des évêques non seulement nous autorisent, mais nous obligent à suivre notre conscience et à agir de notre propre initiative :

Nous prêtres voulons porter à votre connaissance nos intentions futures :

1) Nous allons à l’avenir lors de chaque célébration intercéder en vue d’une réforme de l’Eglise. Nous prenons au sérieux la parole biblique : Demandez et vous recevrez. Ce qui compte devant Dieu, c’est la liberté de parole.

2) Par principe, nous n’allons pas refuser l’accès à l’eucharistie aux croyants de bonne volonté. Ceci s’applique en particulier aux divorcés-remariés, aux membres d’autres Eglises chrétiennes et à l’occasion à ceux qui ont quitté l’Eglise.

3) Nous allons éviter autant que possible lors des dimanches et jours fériés de faire plusieurs célébrations ou de faire intervenir des prêtres qui sont de passage ou qui sont étrangers à la localité. Il est préférable d’élaborer soi même une célébration de la parole plutôt que d’avoir une liturgie présidée par des acteurs en tournée.

4) Nous allons à l’avenir considérer qu’une liturgie de la parole avec distribution de la communion est une célébration eucharistique en l’absence de prêtres et la nommer ainsi. Nous remplirons ainsi nos obligations dominicales en cette période de pénurie de prêtres.

5) Nous n’allons pas non plus respecter l’interdiction d’homélie à des laïcs compétents et formés ou à des professeures de religion. Il est nécessaire en ces temps difficiles d’annoncer la parole de Dieu.

6) Nous allons aussi œuvrer pour que chaque paroisse ait son propre chef, que ce soit un homme ou une femme, marié ou non, que ce soit sa fonction principale ou non. Il ne s’agit pas de faire des regroupements de paroisses mais de définir une nouvelle image du prêtre.

7) En conséquence nous allons donc utiliser toutes les occasions pour nous exprimer en faveur de l’accession à la prêtrise des femmes ou des personnes mariées. Et nous les accueillerons en tant que collègues prêtres.

De plus nous nous sentons solidaires de tout collègue qui a dû interrompre ses fonctions parce qu’il s’est marié, mais aussi avec celui qui continue d’exercer en tant que prêtre bien qu’il entretienne une relation. Par leur décision, les uns et les autres suivent leur conscience, comme nous d’ailleurs aussi avec notre protestation. Nous les considérons de la même manière que le pape et les évêques, comme nos frères. Quels sont ceux qui seront nos prochains, nous ne le savons pas. Un seul est notre maître et nous tous devrions, en tant que chrétiens et chrétiennes, être des frères et sœurs. C’est la raison pour laquelle nous nous mobilisons, nous intervenons et nous prions. Amen.

On peut trouver des explications complémentaires sur le blog :

http://paroissiens-progressiste.over-blog.com/article-mgr-egon-kapellari-denonce-l-initiative-des-pretres-78213377.html

Ou sur le site

http://www.culture-et-foi.com/nouvelles/articles/initiative_cures_paroisses_autriche.htm

 

Marie dans le dialogue œcuménique catholiques – protestants

Si j’évoque cette question, c’est parce que j’ai remarqué que sur Marie il y a souvent une méconnaissance mutuelle entre catholiques et protestants. Les catholiques sont souvent convaincus que Marie ne joue pratiquement aucun rôle dans le protestantisme et les protestants sont convaincus qu’elle y joue un rôle beaucoup trop important. Le groupe des Dombes a d’ailleurs fait un travail remarquable sur cette question avec le document « Marie dans le dessein de Dieu et la communion des Saints ». Essayons de faire le point. Mais pour la clarté de l’exposé il faut distinguer plusieurs plans. D’abord le plan théologique.

Dans une relecture commune et convergente des Ecritures et des grands Symboles de foi œcuméniques, ressortent les points suivants qui expriment ce qui appartient à l’unanimité dans la foi : Marie est l’une des créatures de Dieu. Elle est une femme, une fille d’Israël, une épouse et une mère. Elle a été choisie par Dieu pour être la mère de son propre Fils. Elle consent sans réserve à ce choix par lequel elle occupe une place unique dans la création. Appelée à être la mère de Jésus, Marie, ainsi « comblée de grâce », accueille dans la foi ce don de la grâce auquel elle répond par l’action de grâce. Se disant la servante du Seigneur, Marie précède tous les croyants sur le chemin de la foi au Verbe incarné, les invitant avec son Magnificat à entrer avec elle dans le cercle de la louange de Dieu. Elle a été proclamée « mère du Seigneur » dans les Evangiles et confessée par l’Eglise comme « mère de Dieu ». Mais les protestants récusent les dogmes de l’Immaculée Conception et de l’Assomption, du fait qu’ils n’ont aucun fondement dans la Bible.

En fait du point de vue théologique, même dans l’Eglise catholique le Concile Vatican II a freiné le développement de la théologie mariale. En effet certains courants de pensée auraient voulu ajouter un nouveau dogme sur Marie, à savoir que Marie est corédemptrice. Mais cela n’a pas été accepté. On voulait aussi promulguer une constitution spécifique sur Marie mais finalement on ne parle de Marie que dans le chapitre VIII de la Constitution sur l’Eglise, c’est à dire dans le document Lumen Gentium. On a aussi dit clairement que la mariologie ne pouvait être que christocentrique, c’est à dire qu’il n’était pas possible de développer une théologie sur Marie d’une façon indépendante mais qu’elle devait toujours être liée et subordonnée à la théologie sur le Christ.

Mais à côté de la théologie il y a la dévotion mariale. Et là la différence entre catholiques et protestants est assez radicale. Il ne viendrait pas à l’idée d’un protestant de prier Marie. D’ailleurs pour lui cela n’a aucun sens. A ce niveau je voudrais faire remarquer qu’il y a une notion omni présente dans le catholicisme et qui est étrangère au protestantisme, c’est la notion de médiation. Nous découvrons cette notion à travers notre réflexion sur Marie, mais cette notion de médiation permet aussi de comprendre la différence de conception des sacrements, la différence de conception des ministères et d’une façon plus globale la différence de conception de l’Eglise. Pour en revenir à Marie, le catholique, au moins celui qui rentre dans cette logique, est convaincu que Marie peut jouer un rôle d’intermédiaire entre lui et le Christ. Je caricature à peine en disant que Marie est capable de régler elle-même les affaires courantes mais que pour des affaires plus importantes elle est un excellent avocat, grâce à son coeur de mère, pour plaider notre cause auprès de Dieu. Je voudrais simplement dire qu’ici nous sommes en plein dans la religion au sens magique du terme, mais que nous sommes aux antipodes de la foi. Je précise néanmoins que je parle ici d’un point de vue théologique et que je ne me permets pas de juger de l’attitude concrète des personnes et que si par cette affirmation j’ai pu blesser quelqu’un, je m’en excuse.

Cet exemple montre, qu’à coté de la théologie officielle s’est développée, et ceci beaucoup plus dans le catholicisme que dans le protestantisme, ce qu’on appelle la religion populaire. Pour rester dans le sujet de Marie, dans le catholicisme se sont développés d’innombrables lieux de pèlerinage. Marie est apparue à des tas d’endroits. Les plus célèbres sont Lourdes et Fatima. Je me suis déjà naïvement posé la question « Pourquoi Marie n’est-elle jamais apparue à un protestant ». Mais je tiens à préciser que la théologie catholique n’oblige personne à croire aux apparitions. Personnellement j’étais déjà plusieurs fois à Lourdes et j’ai été frappé par la ferveur de la démarche des personnes et même si certaines démarches semblent parfois un peu maladroites aux yeux d’un intellectuel peut-être trop cérébral, je pense que Lourdes peut être l’occasion d’une démarche de foi beaucoup plus profonde. J’ai eu l’occasion de discuter avec l’un ou l’autre prêtre qui m’ont dit avoir entendu des témoignages bouleversants dans les confessionnaux de Lourdes. Ce qui fait qu’actuellement j’ai une position beaucoup plus nuancée sur la religion populaire et je me dis que peut-être le protestantisme gagnerait à lui donner un peu plus droit de cité. Bien sûr quand cet aspect des choses prend une place prépondérante dans la démarche spirituelle, il faut se poser des questions.

Mais dans le catholicisme, Marie n’a pas l’exclusivité de la religion populaire. Vous avez toute une armada de saints qui sont spécialisés, suivant le type de problèmes que vous avez. Si vous avez mal à la gorge, vous vous adressez à Saint Blaise. Si vous voulez vous prévenir des accidents, vous mettez une médaille de Saint Christophe dans votre voiture. J’avoue ne pas être très féru dans ce domaine mais je sais que ce genre de préoccupation intéresse plus de personnes qu’on ne pourrait l’imaginer et ceci essentiellement dans le catholicisme. Vous voyez donc que les différences ne sont pas uniquement théologiques, mais aussi dans la perception de la relation avec le sacré.

Ceci est un extrait de la conférence « Vivre en œcuménisme » faite le 21 mai 2011 à La Roche sur Yon

Fidélité au message de l’Evangile, priorité à l’humain et aux chemins d’humanisation

Extrait de l’interview de Guy Aurenche, président du CCFC-Terre Solidaire accordée à la revue Les Réseaux des Parvis, à paraître dans le no 51 Ce numéro comprendra un dossier entièrement consacré au CCFD-Terre Solidaire. Pour découvrir la Fédération Réseaux du Parvis, visitez le site : http://www.reseaux-parvis.fr Pour vous abonner à la revue, contactez : temps.present@wanadoo.fr (20 euros par an). L’interview complète se trouve aussi sur http://www.culture-et-foi.com/texteliberateur/guy_aurenche_interview.htm

Ou sur http://www.recherche-plurielle.net/nouvelles/news.php

Se rendre audible aujourd’hui oblige à s’immerger dans notre monde et, comme Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob, à en attendre quelque chose : « Donne-moi à boire ! » Respect de la dignité et de la liberté des autres, aux antipodes de l’endoctrinement. Écoute et dialogue pour progresser ensemble. Bien que galvaudé, le terme d’évangélisation ne me gêne pas si c’est bien d’évangile qu’il s’agit. Ce qui compte d’abord, c’est la rencontre et le partage avec le frère en souffrance, et non pas la proclamation fréquemment intempestive du nom de Jésus ou des attributs de Dieu. Une évangélisation que certains qualifieront d’indirecte, mais qui est en fait la plus directe qui soit. Ce ne sont pas les discours qui disent l’évangile et qui en propagent la puissance de vie, c’est le secours humain et matériel apporté à autrui, et notamment aux plus démunis. Que cela ne coïncide pas avec certaines dérives sacralisantes de la religion ne nous chagrine pas au CCFD-Terre Solidaire : Jésus ayant en son temps refusé toute sacralisation de sa personne, les béatifications et les canonisations ne sont pas notre tasse de thé…

Pour éviter que le vin nouveau fasse éclater les vieilles outres, il faut identifier et assumer les changements qui bouleversent l’ordre ancien du monde et de l’Église. L’un des changements les plus décisifs au regard de la religion est la sécularisation, mais celle-ci est souvent mal supportée par le clergé parce qu’elle le dépouille d’une large part de ses prérogatives et de ses pouvoirs. Il s’ensuit, quand l’Église se replie frileusement sur elle-même dans son périmètre sacralisé, qu’elle se coupe des hommes et perd sa crédibilité, qu’elle se condamne à ne répondre qu’à des questions que la société ne se pose plus. Vain soliloque… La position du CCFD-Terre Solidaire s’inscrit résolument, là encore, dans le cours de l’histoire humaine interprétée à la lumière de l’évangile. Loin d’être un handicap, la sécularisation représente à ses yeux, dans la société laïque et pluraliste qui est la nôtre, une chance pour l’évangélisation. Ce n’est que dans la société moderne ou postmoderne telle qu’elle est, avec ses attentes et ses détresses, que le Bonne Nouvelle peut être entendue comme un message de libération, de fraternité et de transcendance.

Annoncer l’évangile aux statues qui peuplent nos églises n’est pas seulement inutile, mais c’est détourner et pervertir la Bonne Nouvelle destinée au monde du dehors. Dans le sillage du prophète Isaïe, Jésus a insisté sur la désacralisation inhérente à son message de libération, se déclarant foncièrement opposé aux sacrifices et aux rituels, et donnant la priorité aux œuvres de justice et d’amour. Mais, rétorqueront certains, l’homme a un besoin congénital de sacré : bien des fidèles âgés ont la nostalgie des cérémonies religieuses de leur enfance et une certaine jeunesse s’enthousiasme pour ce qu’on appelle le retour du religieux. Pour exact que soit ce constat au premier abord, c’est une autre carence qu’il révèle surtout, à savoir l’incapacité de nos communautés à répondre aux attentes du monde contemporain à hauteur d’évangile. Vouloir à tout prix restaurer la religion face aux valeurs du monde n’est pas sans rappeler, triste parallèle, l’appui apporté aux dictatures pour sauvegarder l’ordre social et politique sous couvert de lutte contre l’islamisme

Le Saint-Sacrement du Corps et du Sang du Christ. Qui peut communier?

Peut-on exclure de la table de l’Eucharistie des personnes? Les divorcés-remariés? Les homosexuel(le)s? Les femmes qui ont subi un avortement? Les médecins qui les ont assistées? Les marginaux? Ceux et celles qui ne vivent pas selon les règles de l’Église? Personnellement, je suis convaincu que non! Et pourtant, dans sa 1ère lettre aux Corinthiens, saint Paul écrit : « Celui qui mangera le pain ou boira à la coupe du Seigneur indignement se rendra coupable envers le corps et le sang du Seigneur » (1 Co 11,27). Mais de quelle indignité parle saint Paul? Dans cette même lettre, il dénonce les divisions et les scissions entre les chrétiens qui se réunissent en assemblée pour prendre leur repas ensemble. Il leur dit : « Quand vous vous réunissez en commun, ce n’est pas le repas du Seigneur que vous prenez. Car, au moment de manger, chacun se hâte de prendre son propre repas, en sorte que, l’un a faim, tandis que l’autre est ivre » (1 Co 11,20-21). Il ajoute : « N’avez-vous donc pas de maisons pour manger et pour boire? Ou bien méprisez-vous l’Église de Dieu et voulez-vous faire un affront à ceux qui n’ont rien? » (1 Co 11,22).

Si je lis bien et si je comprends bien saint Paul, les seuls qui ne peuvent communier sont donc ceux qui refusent de partager, ceux qui ignorent les pauvres, ceux qui méprisent les autres, ceux qui condamnent et qui excluent les petits, les mal-aimés, les blessés de la vie; ceux-là sont indignes de communier et de célébrer l’Eucharistie. L’Eucharistie n’est donc pas une dévotion personnelle qui nourrit l’ego; l’Eucharistie est un acte communautaire qui nous oblige à reconnaître l’autre, les autres, tous les autres, avec leurs différences et leur histoire, comme des frères et des sœurs, et de nous mettre à leur service…Ce n’est pas pour rien que dans l’évangile de Jean, le soir du Jeudi-Saint, à la Cène, nous avons le lavement des pieds.

Alors, si nous avons le sens de la communauté diversifiée, si nous sommes capables de solidarité entre nous, surtout avec les plus faibles d’entre nous, si nous reconnaissons nos propres fragilités, si nous pratiquons la charité, l’accueil inconditionnel de l’autre, si nous faisons preuve de tolérance et de compassion envers les autres…nous sommes dignes de communier, de partager l’Eucharistie. Dans le cas contraire, il faudrait nous interroger.

En terminant, pour celles et ceux qui déplorent qu’il n’y ait plus de belles processions de la Fête-Dieu avec reposoir comme autrefois, je voudrais simplement vous rappeler ce que disait le prêtre André Beauchamp, en 2005 : « C’est beaucoup plus facile de porter en procession l’ostensoir et de rendre visible l’hostie consacrée, que de porter en soi le Christ ressuscité et de le rendre visible aux autres, par notre témoignage de foi et par notre engagement au service des autres ». Et pourtant, la Fête-Dieu, c’est la fête de toutes celles et de tous ceux qui portent le Christ au monde… Ça vaut bien des processions! Ça vaut plus que tous les ostensoirs et reposoirs du monde

Extrait d’un article du site Culture et foi :

http://www.culture-et-foi.com/dossiers/homelies/saint-sacrement_A.htm

Le Colloque international sur l’adoration eucharistique

Le Colloque international sur l’adoration eucharistique se tient actuellement à Rome au Salesianum du 20 au 23 juin 2011. Organisé par les « Missionnaires de la Très Sainte Eucharistie« , communauté nouvelle reconnue par monseigneur Rey en 2007, ce colloque rassemblera un large éventail d’intervenants du monde entier, dont sept cardinaux de haut rang, mais aucun ne pouvant donner une autre vision que celles de rites figés dans le passé.

«La première condition de la nouvelle évangélisation, c’est l’adoration », a déclaré monseigneur Rey. «Nous devons retrouver la capacité d’adorer le Christ dans la très sainte eucharistie, si nous voulons conduire les hommes et les femmes du XXIe siècle à la foi en Jésus-Christ. C’est l’un des thèmes clefs du pontificat du pape Benoît XVI», a-t-il souligné, « c’est pour cette raison que nous avons décidé cette initiative.»

Il entend promouvoir l’adoration perpétuelle dans les paroisses et diocèses du monde entier. Et si on promouvait plutôt la charité et l’aide envers son prochain, et une prêtrise qui est proche de ses fidèles.

La remise à l’honneur de l’adoration eucharistique est souvent citée parmi les outils de la nouvelle évangélisation. L’accent est en effet mis sur la nécessité d’ancrer cette démarche d’évangélisation sur une vie de prière riche, et de la centrer sur la figure du Christ. Non, on est chrétien quand on adhère au message du Christ, Matthieu, 25 en est la plus belle preuve, pas besoin d’adhérer au culte pour cela.

D’après le pape Benoit XVI, la cause principale de la crise post-conciliaire de 1968 à 1975 fut la réduction de l’importance accordée au culte eucharistique dans la liturgie. Il s’est alors produit un immense vide spirituel chez les fidèles. Encore une fois je m’oppose à cette vision des choses erronée. La véritable raison de cette crise est Humanae Vitae en 1968 qui a montré le décalage ente l’Église et les fidèles.

L’adoration eucharistique devient un axe pastoral important pour le renouveau de la vie paroissiale : «Combien est bienfaisante la redécouverte de l’adoration eucharistique par de nombreux chrétiens… L’humanité a grand besoin de redécouvrir ce sacrement, source de toute espérance ! Remercions le Seigneur pour toutes les paroisses où à côté de la messe on éduque les fidèles à cette adoration» C’est ainsi que, comme remède spirituel au scandale des cas d’abus sexuels sur mineurs dans l’Église catholique et à leur gestion désastreuse par la hiérarchie épiscopale en Irlande, Benoît XVI appelle le pays à se purifier par la pénitence, et demande notamment la redécouverte du sacrement de pénitence et de réconciliation, de la prière fervente, et des temps d’adoration eucharistique. Une solution qui ne prend pas en compte de ce qu’ont vécu les fidèles, eux n’ont désormais plus confiance dans une Église qui a couverte les prêtres pédophiles.

Benoit XVI ne devrait pas utiliser ces vieilles méthodes du passé, car l’adoration du Saint sacrement n’est jamais allée de fait dans les premiers temps de l’Eglise. C’est un exercice de piété, qui date du Moyen-Âge. A cette époque, les gens ne communiaient pas, en raison des normes très restrictives : il fallait être en «parfait état de grâce» ce qui n’est pas si fréquent, d’autant plus qu’on ne se confessait qu’une fois dans sa vie, en général avant de mourir. L’adoration eucharistique n’est pas la base de notre foi mais une croyance médiévale, osons sortir des vieilles recettes du concile de Trente pour enfin retrouver une Église vivifiée dans le service des plus pauvres.

A partir du XIIIe siècle se sont répandus la procession du Saint Sacrement et l’élévation à la messe. Cette piété eucharistique s’est considérablement renforcée au concile de Trente afin de rappeler que contrairement à certains protestants dont les réformés, les catholiques croyaient à la présence réelle.

Ceci est un article extrait du site http://paroissiens-progressiste.over-blog.com/article-le-colloque-international-sur-l-adoration-eucharistique-77389476.html