L’appel des prêtres autrichiens n’est pas un cas isolé

En Autriche, l’Appel à la désobéissance est maintenu

Dans leur dernière newsletter, Helmut Schüller et les désormais 407 diacres et prêtres signataires de l’Appel à la désobéissance disent ceci: « On nous a demandé de retirer notre appel. Mais nous ne pouvons le faire en conscience, alors que nous continuons à être d’accord avec son contenu ».

Le père Schüller a expliqué que « les laïcs ne sont pas des clients d’une enseigne quelconque, mais les pierres de l’édifice de l’Eglise. Ils devraient être de plus en plus présents dans les décisions, grâce à leur expérience de la vie, mais l’Eglise a peur d’eux, elle les considère comme infectés par la sécularisation et le relativisme ». Un point de vue que je partage, car les fidèles ont toujours su prendre des avis justes sur les faits de société, sans avoir l’air de dangereux athées. L’Église doit se rendre compte que le fidèle n’est pas un mouton mais aussi une de ses composantes dont l’avis importe autant que celui de la hiérarchie.

Dans la newsletter, les prêtres rebelles expliquent qu’ils ont été invités à discuter avec le cardinal Schönborn, mais qu’ils avaient refusé pour éviter « que quelques membres du haut clergé discutent de choses qui concernent l’ensemble des fidèles avec quelque membres du bas clergé ». Les prêtres n’ont pas eu tort de refuser car ce qui doit être fait pour tous doit être décidé par tous.

La semaine dernière, comme le rapporte le journal autrichien Der Standart, Helmut Schüller était l’invité de l’Union des entrepreneurs chrétiens de Sankt Pölten pour parler du thème « Désobéissance dans l’Eglise et dans l’économie ». « Nous l’avons invité parce qu’il est controversé », a déclaré le président de l’Union. « Et le diocèse ne s’immisce pas dans notre programmation ».

Du côté de l’évêché, le discours est un peu différent : on n’a pas fait interdire la réunion, ce que l’on aurait pu faire puisqu’elle a eu lieu dans des locaux diocésains, mais on a clairement dit que l’initiative ne « réjouit pas ». Elle peut ne pas réjouir, mais Helmut Schüller était le bon invité pour parler de la désobéissance à cette réunion, car pour désobéir, il faut de bonnes raisons et c’est le cas ici.

Le mouvement commence à se stabiliser et semble se renforcer, quoi de plus normal, vu que les prêtres et les fidèles s’y retrouvent. Il est dommage que l’Église ne comprenne pas ce mouvement qui pourrait lui donner un peu d’oxygène en ces temps de crise pour elle.

Cette partie de l’article se trouve sur le site : http://paroissiens-progressiste.over-blog.com/article-en-autriche-l-appel-a-la-desobeissance-est-maintenu-86412686.html

Des prêtres de Rouen rejoignent l’appel à la désobéissance des prêtres autrichiens

Une douzaine de prêtres du diocèse de Rouen ont signé le manifeste des prêtres autrichiens pour demander des réformes dans l’Église.

Selon le quotidien régional Paris-Normandie , trois prêtres ont pris la tête, dans le diocèse, de ce mouvement : « Nous voulons une Église qui soit à l’écoute des besoins et des attentes des hommes d’aujourd’hui, une Église solidaire des pauvres et des exclus » explique le P. Paul Flament, entouré du P. Guy Gravier, curé de Grand-Couronne, et du P. René Gobbé, délégué à la pastorale des migrants.

Ces prêtres avaient d’ailleurs été signataires d’une lettre ouverte allant dans ce sens, publiée par La Croix en 2008 (« Qu’attendent nos évêques ? »). Par leur mobilisation, qu’ils espèrent bien voir s’étendre dans les diocèses voisins du Havre et d’Évreux, ils souhaitent montrer que la question ne saurait être circonscrite à la seule Église d’Autriche.

L’archevêque de Rouen, Mgr Jean-Charles Descubes, n’a pas souhaité s’exprimer sur le fond de cet appel à la désobéissance.

Dans leur manifeste, les prêtres autrichiens, plus de 300 selon le site de l’appel, souhaitent que les laïcs puissent désormais prononcer des sermons et diriger des paroisses, afin de faire face au recul des vocations. Ils annoncent aussi qu’ils ne refuseront pas la communion aux divorcés remariés, et qu’ils feront campagne pour l’ordination des femmes et des personnes mariées.

En Irlande, les prêtres contestataires s’organisent

Voir le blog paroissiens progressistes  http://paroissiens-progressiste.over-blog.com/article-en-irlande-les-pretres-contestataires-s-organisent-86377925.html

Déclaration des Prêtres Mariés « Chemins Nouveaux » association membre des Réseaux du Parvis

A l’occasion de leur rencontre annuelle, le 9 octobre 2011 à Paris, les prêtres mariés du groupe « Chemins Nouveaux » et leurs épouses font la déclaration suivante :

«  Nous entendons en ce moment l’appel de nombreux prêtres en exercice en faveur de l’ordination d’hommes mariés et de femmes, en faveur de ceux et celles qui vivent des divorces, nous entendons l’appel de tous ceux qui aspirent à une parole qui ne soit plus confisquée par l’Eglise institutionnelle.

346 prêtres autrichiens ont fait cette demande, quelques prêtres français déclarent ouvertement soutenir leur démarche. Beaucoup de prêtres et de laïcs, inquiets à juste titre de la baisse de vitalité des communautés chrétiennes et du manque de dialogue dans l’Eglise, soutiennent sans conteste le mouvement.

Nous qui avons fait le pas vers le mariage et continuons à vivre de l’Evangile au service du Seigneur et de nos frères de multiples façons, approuvons cet appel dans le sens d’une fidélité à l’esprit même de l’Evangile et à la tradition apostolique.

Le serviteur que Jésus a voulu, lui, le Fils de Dieu incarné, n’est pas hors du monde, il est dans le monde, messager d’une Bonne Nouvelle et rassembleur des hommes dans l’Amour.

Parce que nous aimons Dieu et nos frères, nous demandons à l’Eglise, à nos évêques, à celui qui est « le premier parmi ses semblables », d’ouvrir leur esprit et leur cœur au souffle de l’Esprit, comme au premier jour de l’Eglise.

L’Evangélisation dans un monde nouveau oblige à des ajustements courageux.

Vous pouvez consulter leur site  http://www.pretresmaries.eu/

Déclaration de la « Fédération européenne des prêtres catholiques mariés » (FEPCM)

« Nous, prêtres mariés et leurs épouses de la « Fédération européenne des prêtres catholiques mariés » (FEPCM), présents dans différents groupes actifs aujourd’hui en Belgique, France, Espagne, Allemagne,  Royaume-Uni, Italie, Autriche, nous vous remercions de votre prise de position et nous avons décidé de vous assurer de notre soutien.

Fidèles aux orientations du Concile Vatican 2, nous ne pouvons que constater comment les nombreuses ouvertures qu’il avait permises sont aujourd’hui freinées, voire rejetées. 

Nous savons d’autre part que la réforme urgente et nécessaire viendra d’abord par la volonté et les initiatives de la base.

Après tant de chrétiens qui ont déjà pris les chemins d’une Église « Autre », nous nous réjouissons de voir enfin des prêtres choisir de suivre leur conscience et mener une action collective, sachant que le corps épiscopal en est actuellement réduit à se taire sous prétexte d’unité.

Mais l’Unité n’est pas dans l’uniformité, ni dans la soumission aveugle.

Nous soutenons notamment l’opposition au système actuel de regroupement de paroisses qui va à l’encontre d’un ministère inséré dans la communauté et créateur de lien social et fraternel.

Nous allons continuer à diffuser votre manifeste auquel nous ajouterons dorénavant notre lettre de soutien.

Nous vous souhaitons persévérance et force dans cette longue marche.

Que l’esprit de Jésus guide nos esprits et nos cœurs. »

Lorsqu’un barrage risque de s’écrouler, il y a des signes avant coureurs. Souhaitons que des mesures soient prises avant qu’arrive une inondation générale avec tous les dégâts que cela risque d’occasionner. Lorsqu’un barrage est trop vieux, pour éviter les inondations, il faut le vider

Pour un dialogue nouveau entre Église et Société

Communiqué de l’équipe nationale des groupes Jonas

D’abord, nous constatons que de tous côtés, et notamment en différents pays européens, des appels pressants sont adressés à l’Eglise catholique pour qu’elle entende, enfin, certaines questions qui se posent et de manière insistante. Un moment étouffées- car les murs bétonnés existent dans l’Eglise- les vraies questions reviennent à la surface. Nous pensons, en particulier, aux conditions de réintégration des lefebvristes, au memorandum de plus de 400 théologiens germanophones, à l’appel de plus de 400 prêtres et diacres autrichiens, appel approuvé par plus de 71% de la population Leur inquiétude est aussi la nôtre et nous en sommes solidaires. Ces protestations expriment indiscutablement un malaise mais formulent également des demandes précises.. Ici, chez nous, nous sommes témoins que nombre de catholiques refusent le mouvement de restauration qui s’est instauré dans leur Eglise. Ils sont inquiets pour l’avenir de leur communauté, spécialement pour sa mission d’évangélisation.

1 – Une première crainte concerne la fidélité à l’enseignement de Vatican II. Elle vient d’être activée, lors de la rencontre du cardinal Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et de Mgr Felay, supérieur de la Fraternité Saint-Pie X. C’est toute la légitimité du Concile qui est en jeu, avec quelques questions majeures : la collégialité épiscopale, le dialogue interreligieux, l’oeucuménisme, la liberté religieuse. Est-il nécessaire de rappeler qu’un concile œcuménique est la plus haute instance législative de l’Eglise catholique ? A l’inverse d’autres conciles, Vatican II n’a pas été convoqué pour défendre une institution menacée ou revendiquer un pouvoir hégémonique dans la société mais pour confronter la Parole de Dieu avec le dynamisme de l’histoire. Quelles que soient les limites du travail conciliaire, c’est pour une large part, en acceptant ce parti-pris d’ouverture à la rencontre et à la liberté de recherche, qu’il a permis à l’Eglise de mettre en relief son identité profonde. Cette ouverture – déjà mise en valeur dans la longue histoire du Peuple de Dieu- dépasse, quoiqu’on en dise, de simples problèmes de réformes. C’est une manière autre de concevoir la nature de ‘Eglise et sa situation dans le monde. C’est pourquoi, l’éventualité d’une seconde « Prélature personnelle » ( après celle de l’Opus Dei), en vue de réintégrer les lefébvristes ne laisse, à notre avis, présager rien de bon. Nous craignons que cela revienne à légitimer l’existence d’une Eglise dans l’Eglise et cela sur simple décision du pape. Va-t-on sacrifier les éléments novateurs de Vatican II sur l’autel d’intégristes résolus ?

2) Un deuxième aspect retient notre attention. Il est lié à la vie ecclésiale. Il s’agit de ces sujets qui reviennent sans cesse dans les synodes diocésains mais qu’il est interdit –curieusement – de transmettre à Rome. L’un des plus fréquemment évoqués concerne l’attitude de l’Eglise catholique à l’égard des divorcés remariés. La question revient souvent, posée désormais par de hautes instances de la communauté ecclésiale (tel le président de la Conférence épiscopale allemande), par nombre de pasteurs et par une fraction chaque jour grandissante du peuple chrétien. Beaucoup s’étonnent – à juste titre- que l’Eglise ne tienne pas compte de la diversité des situations. Le synode des évêques sur la famille, en 1980, demandait par 179 voix contre 20 « qu’on se livre à une nouvelle recherche à ce sujet, en tenant compte également des Eglises d’Orient, de manière à mieux mettre en évidence la miséricorde pastorale ». Cette demande expresse n’a produit aucun résultat, et il n’est pas étonnant que la loi encore en vigueur ait pour effet d’encourager les décisions individuelles de plus en plus nombreuses.

3) Nous relevons aussi la question des ministères La situation des prêtres, en nombre continu de décroissance et de vieillissement, est devenu un véritable défi. Certains « se tuent » littéralement à la tâche, trop souvent limitée au culte, et les nouvelles formes d’aménagement pastoral sont plus qu’hésitantes. D’autre part, beaucoup d’instances d’animation pastorale (conseils pastoraux, équipes pastorales) ne remplissent pas leur mission. Parmi les questions posées, en France et ailleurs, on ne peut oublier celle de l’ordination presbytérale d’hommes mariés, sans en faire une panacée et en tenant compte du contexte. Quant aux diacres permanents, la plupart mariés, on constate que certains deviennent de véritables animateurs de paroisses, ce qui interroge sur la spécificité du diaconat et sur la confusion qu’on entretient entre « exercer un ministère » et choisir tel état de vie (célibataire, marié).Revient aussi, en différents lieux, la question de l’ordination des femmes, soit au diaconat, soit à la prêtrise. Sans doute, faudrait-il distinguer ce qui est théologiquement possible et ce qui demeure inopportun dans le contexte actuel…

4) Un autre point d’attention porte sur la rupture culturelle qui s’établit entre l’Eglise et la société. C’est cela notre première préoccupation. Le langage, les rites, la communication, la manière de sentir et de penser de l’institution ecclésiale sont décalés et deviennent imperméables à la majorité de nos contemporains. Il s’agit bien plus que d’une question de vocabulaire, il s’agit d’une manière autre d’approcher les réalités que nous vivons, et particulièrement les réalités d’ordre religieux. Nous assistons à un véritable mouvement d’émancipation par rapport aux arguments d’autorité et de tradition, et à une revendication de la liberté de penser et de croire. Ce rejet d’une vérité toute faite et intangible, ce refus d’une parole surplomblante et enfermante, cette impossibilité d’admettre un pouvoir discrétionnaire et sans appel sont au cœur du divorce qui sépare l’institution ecclésiale et la société. Le système doctrinal et ritualiste élaboré par des cultures et des langages du passé devient irrecevable de nos jours. Par contre, il nous paraît primordial d’être attentif à la richesse des différentes cultures. Ne faudrait-il pas revenir à la Source, c’est-à-dire à l’appel de Jésus de Nazareth à le suivre sur les chemins inédits de libération qu’il ne cesse d’ouvrir ? D’autre part, n’est-il pas urgent de clarifier la notion de « nouvelle évangélisation » désormais à l’ordre du jour ? En quoi l’évangélisation sera-t-elle nouvelle ? – Ce n’est sûrement pas en faisant appel d’abord à de nouveaux « outils » (Internet, rassemblements de tous ordres) pour autant nécessaires dans notre monde de communication. L’évangélisation sera « nouvelle » si elle s’inscrit concrètement dans un contexte qui lui, est, incontestablement, nouveau. Fera-t-on l’effort d’analyser ce nouveau contexte socio-culturel et d’en tirer courageusement les conséquences qui en découlent ? Nous demandons instamment que le synode romain 2012 y soit attentif.

C’est bien une Eglise en débat qui est ici en jeu pour affronter les défis de notre temps. Nous avons voulu y prendre notre modeste part et nous serions heureux si elle suscitait vos propres réactions.

L’équipe nationale des groupes Jonas

Brève présentation de Jonas.

Les groupes JONAS sont nés dans les années 1987-1988. Jonas » a toujours eu comme souci de participer au grand projet de Vatican Il : « une Église qui se laisse interroger par le monde », « une Église douée d’une parole audible et compréhensible » pour ce monde. Les membres fondateurs de Jonas ont depuis plus de vingt ans, toujours veillé aux orientations de Vatican II sans en faire un point final. Jonas s’est donné quelques moyens d’observation :

des groupes dans bon nombre de Diocèses

un bulletin : « Courrier de Jonas » et un site Internet :

www.groupes-jonas.com/neojonas Adresse mail du site : redaction@groupes-jonas.com

Le voyage de Benoît XVI en Allemagne : Un gout amer d’immobilisme

Aucune avancée de Rome sur la question des divorcés remariés, du rôle des femmes dans l’Eglise ou de l’homosexualité. Aucun geste vis-à-vis des protestants qui espéraient un assouplissement dans le domaine de l’hospitalité eucharistique pour les couples mixtes. Etait-ce le moment de dire qu’il se sentait plus proche des orthodoxes que des protestants, dans un pays où il y a autant de protestants que de catholiques ? Etait-ce le plus important d’appeler les allemands à l’obéissance et de juger que les différents avec Rome ont leur origine dans un manque de foi, la vraie foi catholique bien entendue ?  Bref, l’attente de beaucoup de personnes a été déçue. Il est vrai que Benoît XVI avait déclaré dans l’avion qui le transportait en Allemagne qu’il ne fallait pas s’attendre à des annonces spectaculaires. L’inflexion de Rome pour la modernité n’est pas pour demain. Le dialogue avec le monde non plus. C’est un scandale permanent que le « Saint Siège » en tant qu’Etat du Vatican soit encore l’un des derniers Etats à ne pas encore avoir ratifié ni la Déclaration des Droits de l’Homme de l’ONU, ni la Convention Européenne des Droits de l’Homme. Et ce n’est pas en fustigeant ceux qui n’ont pas les vues conservatrices de Rome de victimes du relativisme, de l’hédonisme ou du matérialisme que la situation s’améliorera. Il est cocasse d’entendre que l’Eglise d’Allemagne a trop de structures et pas assez de foi. Qu’en est-il de la bureaucratie et de la curie vaticane ? Ne pourrait-on pas dire trop de religion et pas assez de foi ? De plus les allemands, comme d’autres aussi, ont été traumatisés par les affaires de pédophilie. Mais il y a quelques années ils l’ont aussi été lorsqu’on a obligé les catholiques de sortir des centres d’entretien pour les avortements. Ils l’ont aussi été quand les initiatives en matière liturgiques  des laïcs ont été muselées. Les chiffres présentés récemment par la Conférence Episcopale pour l’année 2010 le révèlent : jamais durant l’histoire de la République Fédérale d’Allemagne le nombre de catholiques n’a diminué aussi rapidement, malgré le fait que le pape soit originaire d’Allemagne et qu’il concentre l’attention de son pontificat sur l’Europe.

Pour avoir plus de détails de la visite du pape en Allemagne, je vous recommande d’aller sur le blog

http://paroissiens-progressiste.over-blog.com/

En 7 articles les différents aspects de ce voyage sont évoqués. Il suffit de mettre le mot Allemagne dans la case Recherche

Le Youcat : tout n’est pas parole d’Evangile

Voici une analyse sur trois des articles qui se trouvent dans le Youcat

5          Pourquoi certaines personnes nient-elles l’existence de Dieu alors qu’elles peuvent le connaître par la raison ?

Pour l’esprit humain, connaître le Dieu invisible est un grand défi qui en fait reculer plus d’un. Beaucoup ne veulent pas reconnaître Dieu parce que cela les obligerait à changer de vie. Celui qui dit qu’il est absurde de se poser la question de Dieu se simplifie la vie un peu trop vite.

On part du principe que je peux connaître Dieu par la raison. Des catéchismes encore plus anciens parlent des preuves « ontologiques » de l’existence de Dieu (par exemple l’histoire de l’œuf et de la poule…)

On peut très sérieusement mettre en cause cette approche. Cela sous entend aussi que l’existence de Dieu ne peut être qu’évidente si je réfléchis un peu. Si je ne l’admets pas, c’est que je suis un minable. Cela provient sans doute du fait, qu’à cause du péché originel, je porte en moi une « goutte de venin » (paragraphe 68), qui m’empêche de reconnaître Dieu et de lui attribuer la place qu’il mérite.

Dans un système idéologisé et j’ajouterai fanatisé, cette logique tient la route. Mais, indépendamment de la non véracité de ce genre d’affirmation, elle présente de graves inconvénients

  • ·         Si j’étais incroyant, je me sentirai vexé et insulté par ce genre d’affirmation. Les incroyants sont des pauvres types qui s’engagent dans une voie sans issue, alors qu’il ne dépend que d’eux de se mettre sur la bonne voie. (Ceci est encore affirmé dans l’encyclique Caritas in veritate de Benoît XVI). Je ne suis pas sûr que c’est le meilleur moyen d’engager le dialogue Eglise-monde et je comprends très bien que les personnes extérieures à l’Eglise puissent se méfier de l’Eglise. En plus, il ne s’agit pas de n’importe quel Dieu. C’est celui de l’Eglise catholique romaine et sans doute pas du Dieu de ceux qui ne sont même pas des églises (les protestants)
  • ·         Pour accueillir Dieu, il faut que je fasse des efforts. Ce n’est donc pas à la portée de tous. Je fais donc partie de l’élite des purs et des durs qui, à cause de leurs efforts et de leurs mérites, mettent Dieu au centre de leur vie.
  • ·         Un gourou d’une secte ou un chef politique fasciste ne s’y prendrait pas autrement pour galvaniser ses troupes.
  • ·         On a complètement oublié la déclaration de Vatican II sur la liberté religieuse. Il est vrai que pour certains, Vatican II est une parenthèse qu’il faut vite gommer et qu’avant Vatican II, l’Eglise a combattu l’idée de la liberté religieuse

 

160      Pouvons-nous aider les âmes du purgatoire ?

Oui, puisque tous les baptisés dans le Christ forment la communion des saints et sont solidaires les uns des autres, les vivants peuvent aider les âmes des défunts qui sont au purgatoire.

Une fois mort, l’homme ne peut plus rien faire pour lui-même. La période de probation active est terminée. Mais nous, nous pouvons faire quelque chose pour les défunts du purgatoire. Notre amour est actif jusque dans l’au-delà. Par nos jeûnes, nos prières, nos bonnes actions, mais, surtout par la célébration de l’eucharistie, nous pouvons demander des grâces pour les défunts.

Précisons que le purgatoire est une spécificité catholique et une invention des théologiens du XIIe siècle. (il est vrai que certains y voient des traces dans le livre des Maccabées, mais pas sous la forme où cela est conçu actuellement). Mais indépendamment de cela qu’est ce qui est important ? Le jeûne, la prière, nos bonnes actions et la célébration de l’eucharistie. On n’a pas abandonné l’idée que ce sont nos mérites qui nous sauvent et apparemment aussi d’autres. C’est une façon de fabriquer des dévots et des piétistes. Il me semble que tout est grâce. Ne confondons pas foi et religion. (on peut relire l’article Foi et religion ). On a complètement oublié qu’un accord catholique-protestants sur la justification par la foi a été signé qu’on contourne allègrement avec le concept de « Consensus différencié » qui, en langage moins diplomatique signifie que chacun croit ce qu’il veut.

Dans le même registre (mais Youcat n’en parle pas), tout le fatras des indulgences reste toujours valable dans l’Eglise catholique. Lorsque le pape le décide, à un moment donné (mais si on décide que c’est le jeudi, cela ne marche pas le mardi), à un endroit donné, en faisant des salamalecs bien précises, visiter telle église, réciter telle prière et surtout prier aux intentions du pape, on obtient des indulgences qui, si on a suivi le bon rituel et que le pape en a décidé ainsi, sont plénières et dont on peut aussi faire bénéficier les âmes du purgatoire. Que des esprits un peu simplets y trouvent leur compte, tant mieux pour eux, mais l’Eglise ne se rend pas compte qu’en encourageant de telles pratiques, elle perd toute crédibilité vis-à-vis de l’extérieur et vis-à-vis de bon nombre de ses membres.

Encore un mot sur la célébration de l’eucharistie. Dans la stratégie de reconquête de la nouvelle évangélisation, l’accent sera mis sur l’adoration du saint sacrement, la fête Dieu ou le Sacré Cœur qui sont des dévotions populaires datant du moyen âge et dont on ne voit pas de traces dans le premier millénaire. Ne soyez donc pas surpris si on essaiera de remettre tout cela à l’honneur. On voudrait aussi porter l’accent sur la confession. Mais apparemment pour le moment cela ne marche pas. On a voulu faire une grosse pub en installant 200 confessionnaux dans les rues de Madrid et le pape, dans sa grande mansuétude, a permis aux prêtres de ces confessionnaux, de pardonner le péché d’avortement.

 

374      Pourquoi Dieu est-il plus important que la famille ?

Personne ne peut vivre sans relation avec autrui. Pour quelqu’un, la relation la plus importante est celle qu’il entretient avec Dieu. Elle passe avant toutes les relations humaines, même avant les liens familiaux.

Les enfants n’appartiennent pas à leurs parents ni les parents à leurs enfants. Toute personne appartient directement à Dieu, elle n’a de lien absolu et pour toujours qu’avec Dieu. C’est ainsi qu’il faut comprendre le sens de la Parole de Jésus à ceux qu’il appelle Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. Qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi (Mt 10, 37). C’est pourquoi les parents remettront leur enfant avec confiance dans les mains de Dieu, si le Seigneur l’appelle à lui donner sa vie comme prêtre ou comme religieux (ou religieuse).

Quel est ce dieu jaloux et despote qui voudrait qu’on le préfère à sa propre famille ? Il me semble que c’est Dieu qui nous aime en premier, gratuitement et sans condition. Et celui qui prétend aimer Dieu et qui n’aime pas son prochain est un menteur. Cette vision de Dieu je la rejette. Elle ne correspond pas au Dieu d’amour, libérateur. Je comprends difficilement que quelqu’un qui a fait l’expérience d’une vraie vie de famille puisse écrire cela. En absolutisant cette vision fanatique (c’est aussi l’exigence de gourous de sectes et on sait les drames de suicides collectifs que cela a parfois donnés), cela peut déboucher sur des situations tout à fait inhumaines.

Ce commentaire en dit aussi long sur le fait que ce sont aux parents de remettre dans les mains de Dieu les enfants qui veulent devenir prêtre, religieux ou religieuse. Cela nécessiterait tout un développement sur la conception qui est véhiculée sur la vie religieuse qui est considérée (il faut bien gratifier les personnes qui s’y engagent) comme un état supérieur aux autres.

Ecriture et tradition dans le dialogue oecuménique catholiques-protestants

Dans l’Eglise catholique, on ne se réfère pas uniquement à la Bible pour interpréter le message de la foi. On y ajoute la Tradition avec T, disant par là que la révélation n’est pas encore achevée et qu’elle s’affine encore. Les expressions de croyances post-bibliques correspondantes ont été appelées Tradition. Par contre les protestants pensent que la Bible est la seule source de la révélation. Historiquement au départ l’opposition catholiques-protestants s’est durcie sur ce point d’autan plus que du coté catholique le Concile de Trente a eu une formulation malheureuse du problème en parlant des deux sources de la révélation, à savoir la Bible et le Tradition. En fait même chez les protestants existe une certaine tradition. En un sens plus large du terme, la Tradition correspond à tout le processus de transmission de la foi chrétienne, de génération en génération, par la prédication, la catéchèse, l’enseignement, les prières et le culte, les gestes et attitudes, les doctrines, et la Bible elle-même. Et de ce point de vue il n’est pas possible d’opposer Bible et Tradition dans la mesure où par exemple les récits du nouveau testament sont le reflet des traditions des premières communautés chrétiennes. Il faut aussi distinguer Tradition et tradition(s). La Tradition est la foi vivante et vécue de l’Église; les traditions sont des façons habituelles d’agir ou d’exprimer des données relatives à la foi, qui peuvent ou non être essentielles à cette foi. Mais là où les choses se compliquent c’est que dans l’Eglise catholique la Tradition est normative et suivant les sensibilités qu’on a, on peut facilement glisser d’une tradition avec t à la Tradition avec T. Prenons le problème précis de l’ordination des femmes au sacerdoce. Si le fait que ce ne soient que des hommes qui soient prêtres dans l’Eglise catholique relève de la Tradition avec T, cela fait partie de l’identité de l’Eglise et l’Eglise se renierait elle-même en changeant son attitude. Cela signifie que le danger de l’Eglise catholique est de se fabriquer un carcan dans lequel elle s’enferme elle-même en pensant que c’est par fidélité au message de Jésus Christ. Et on va jusqu’à dire que c’est Dieu lui-même qui veut que la femme ne devienne pas prêtre, ce qui est une affirmation tout à fait contestable.

Mais la situation se complique encore davantage entre catholiques et protestants parce que les catholiques pensent que la Tradition avec un T peut expliciter des articles de foi qui ne se trouvent pas explicitement dans la Bible. On est amené ici à aborder le problème des dogmes qui existent dans la foi catholique et pas dans la foi protestante. Ceux qui posent problème aux protestants ce sont les dogmes de l’immaculée conception (1854), de l’Assomption (1950) et de l’infaillibilité pontificale (1870). Encore au début de ce siècle l’Eglise catholique était opposée à la méthode historico-critique pour l’étude de la Bible. Elle a mis encore beaucoup plus de temps pour admettre le principe d’une herméneutique des dogmes, c’est à dire d’une étude critique des dogmes. Actuellement beaucoup de théologiens catholiques pensent qu’à titre d’expressions humaines d’une croyance, les dogmes sont sujets aux mêmes limites de langage, de style, de structure, et même de justesse, que toute autre expression humaine.

Mais corsons encore un peu le problème. Dans l’Eglise catholique les croyances officielles de l’Église sont portées à la connaissance des croyants par un corps enseignant faisant autorité, connu sous le nom de magistère. Et le catholique se doit d’obéir au magistère. Je prends par exemple un extrait de la constitution « Lumen Gentium » de Vatican II où il est dit : «Comme tous les fidèles, les laïcs doivent embrasser, dans la promptitude de l’obéissance chrétienne, ce que les pasteurs sacrés en tant que représentants du Christ, décident au nom de leur magistère et de leur autorité dans l’Eglise. A côté de cette citation donnons aussi une citation extraite du grand catéchisme de Luther. C’est un paragraphe qui conclue un commentaire qu’il fait du symbole des apôtres, donc du credo. Il dit : «Que ce qui a été dit du Symbole (des apôtres) suffise, à présent, pour former une assise solide pour les simples. Qu’on ne les surcharge pas! Il faut qu’après en avoir compris l’essentiel, ils poursuivent par eux-mêmes leurs efforts de recherche, et que ce qu’ils apprennent dans l’Écriture, ils le rattachent ici, et qu’ils augmentent et croissent sans cesse dans une intelligence plus riche. Car, aussi longtemps que nous vivrons ici-bas, nous aurons à en faire, chaque jour, l’objet de notre prédication et de notre étude».

Vous voyez donc qu’il y a une différence complète entre ces citations. Même si la Bible est un élément commun aux catholiques et aux protestants la manière, au moins officielle, de la lire n’est pas la même. D’ailleurs jusqu’à Vatican II, peu de catholiques lisaient de façon systématique la Bible. L’Eglise catholique n’encourageait pas ce genre de lecture parce qu’elle avait beaucoup trop peur que les gens simples, comme le dit Luther, en fassent une lecture erronée. Les catholiques possédaient plutôt ce qu’ils appelaient une « Histoire Sainte » qui se composait d’extraits de la Bible soigneusement choisis, dont on avait éliminé les passages un peu scabreux, et dont le but était d’édifier les personnes qui la lisaient. Et pour ceux qui lisaient la Bible, lorsqu’il y avait un passage un peu litigieux, il existait une interprétation officielle du texte. Je donne un exemple. Un moment donné dans le nouveau testament il est question des frères de Jésus. Le lecteur catholique n’a pas le droit d’y voir des frères biologiques de Jésus parce que cela serait en contradiction avec la vision catholique de la virginité de Marie, alors qu’une exégèse approfondie de ce texte ne permet pas d’écarter cette hypothèse.

Vous voyez donc que la différence catholiques-protestants n’est pas simplement une différence de doctrine, mais aussi une différence d’articulation de ces doctrines. Et ces différences amènent des différences de comportement des uns et des autres, si les uns et les autres veulent se conformer aux doctrines de leurs Eglises. L’obligation ou la non-obligation d’obéir à un magistère conditionne les comportements surtout que le magistère dans l’Eglise catholique est compétent tant sur le plan de la foi que sur le plan des moeurs.

De ce côté il y a une différence radicale, au moins en théorie, dans le comportement moral du catholique et du protestant. Prenons le domaine de la sexualité. Paul VI dans Humanae Vitae dit : « Tout acte sexuel, pris individuellement doit être ouvert à la vie c’est à dire qu’un acte sexuel ne peut en aucun cas être dissocié de l’idée de la procréation ». Il dit aussi « Utiliser une méthode de contraception autre que naturelle est un acte intrinsèquement mauvais et cela est contraire à la volonté de Dieu. » La fédération protestante de France se contente de parler de paternité et de maternité responsable et ajoute que c’est à chaque couple de choisir la méthode de contraception la plus appropriée. Un bon catholique devrait suivre les directives du magistère et n’a pas le droit de mettre en cause le bien-fondé des affirmations de Paul VI qui restent encore actuellement la position officielle de l’Eglise catholique dans ce domaine. En fait dans la réalité la plupart des catholiques ne suivent pas ces directives et concrètement se comportent face à ces problèmes comme les protestants. Cela montre les limites de l’impact réel du magistère

Si je tire un petit bilan de ce que je viens de dire jusqu’à présent, je me rend compte qu’il n’est pas possible de couper en rondelles les différences catholiques-protestants mais que tout se tient et que les différentes notions sont imbriquées les unes dans les autres. Il n’est pas possible de parler de la notion d’Ecriture et de Tradition sans en même temps parler de dogmes, du magistère et de la perception de l’éthique.

Marie dans le dialogue œcuménique catholiques – protestants

Si j’évoque cette question, c’est parce que j’ai remarqué que sur Marie il y a souvent une méconnaissance mutuelle entre catholiques et protestants. Les catholiques sont souvent convaincus que Marie ne joue pratiquement aucun rôle dans le protestantisme et les protestants sont convaincus qu’elle y joue un rôle beaucoup trop important. Le groupe des Dombes a d’ailleurs fait un travail remarquable sur cette question avec le document « Marie dans le dessein de Dieu et la communion des Saints ». Essayons de faire le point. Mais pour la clarté de l’exposé il faut distinguer plusieurs plans. D’abord le plan théologique.

Dans une relecture commune et convergente des Ecritures et des grands Symboles de foi œcuméniques, ressortent les points suivants qui expriment ce qui appartient à l’unanimité dans la foi : Marie est l’une des créatures de Dieu. Elle est une femme, une fille d’Israël, une épouse et une mère. Elle a été choisie par Dieu pour être la mère de son propre Fils. Elle consent sans réserve à ce choix par lequel elle occupe une place unique dans la création. Appelée à être la mère de Jésus, Marie, ainsi « comblée de grâce », accueille dans la foi ce don de la grâce auquel elle répond par l’action de grâce. Se disant la servante du Seigneur, Marie précède tous les croyants sur le chemin de la foi au Verbe incarné, les invitant avec son Magnificat à entrer avec elle dans le cercle de la louange de Dieu. Elle a été proclamée « mère du Seigneur » dans les Evangiles et confessée par l’Eglise comme « mère de Dieu ». Mais les protestants récusent les dogmes de l’Immaculée Conception et de l’Assomption, du fait qu’ils n’ont aucun fondement dans la Bible.

En fait du point de vue théologique, même dans l’Eglise catholique le Concile Vatican II a freiné le développement de la théologie mariale. En effet certains courants de pensée auraient voulu ajouter un nouveau dogme sur Marie, à savoir que Marie est corédemptrice. Mais cela n’a pas été accepté. On voulait aussi promulguer une constitution spécifique sur Marie mais finalement on ne parle de Marie que dans le chapitre VIII de la Constitution sur l’Eglise, c’est à dire dans le document Lumen Gentium. On a aussi dit clairement que la mariologie ne pouvait être que christocentrique, c’est à dire qu’il n’était pas possible de développer une théologie sur Marie d’une façon indépendante mais qu’elle devait toujours être liée et subordonnée à la théologie sur le Christ.

Mais à côté de la théologie il y a la dévotion mariale. Et là la différence entre catholiques et protestants est assez radicale. Il ne viendrait pas à l’idée d’un protestant de prier Marie. D’ailleurs pour lui cela n’a aucun sens. A ce niveau je voudrais faire remarquer qu’il y a une notion omni présente dans le catholicisme et qui est étrangère au protestantisme, c’est la notion de médiation. Nous découvrons cette notion à travers notre réflexion sur Marie, mais cette notion de médiation permet aussi de comprendre la différence de conception des sacrements, la différence de conception des ministères et d’une façon plus globale la différence de conception de l’Eglise. Pour en revenir à Marie, le catholique, au moins celui qui rentre dans cette logique, est convaincu que Marie peut jouer un rôle d’intermédiaire entre lui et le Christ. Je caricature à peine en disant que Marie est capable de régler elle-même les affaires courantes mais que pour des affaires plus importantes elle est un excellent avocat, grâce à son coeur de mère, pour plaider notre cause auprès de Dieu. Je voudrais simplement dire qu’ici nous sommes en plein dans la religion au sens magique du terme, mais que nous sommes aux antipodes de la foi. Je précise néanmoins que je parle ici d’un point de vue théologique et que je ne me permets pas de juger de l’attitude concrète des personnes et que si par cette affirmation j’ai pu blesser quelqu’un, je m’en excuse.

Cet exemple montre, qu’à coté de la théologie officielle s’est développée, et ceci beaucoup plus dans le catholicisme que dans le protestantisme, ce qu’on appelle la religion populaire. Pour rester dans le sujet de Marie, dans le catholicisme se sont développés d’innombrables lieux de pèlerinage. Marie est apparue à des tas d’endroits. Les plus célèbres sont Lourdes et Fatima. Je me suis déjà naïvement posé la question « Pourquoi Marie n’est-elle jamais apparue à un protestant ». Mais je tiens à préciser que la théologie catholique n’oblige personne à croire aux apparitions. Personnellement j’étais déjà plusieurs fois à Lourdes et j’ai été frappé par la ferveur de la démarche des personnes et même si certaines démarches semblent parfois un peu maladroites aux yeux d’un intellectuel peut-être trop cérébral, je pense que Lourdes peut être l’occasion d’une démarche de foi beaucoup plus profonde. J’ai eu l’occasion de discuter avec l’un ou l’autre prêtre qui m’ont dit avoir entendu des témoignages bouleversants dans les confessionnaux de Lourdes. Ce qui fait qu’actuellement j’ai une position beaucoup plus nuancée sur la religion populaire et je me dis que peut-être le protestantisme gagnerait à lui donner un peu plus droit de cité. Bien sûr quand cet aspect des choses prend une place prépondérante dans la démarche spirituelle, il faut se poser des questions.

Mais dans le catholicisme, Marie n’a pas l’exclusivité de la religion populaire. Vous avez toute une armada de saints qui sont spécialisés, suivant le type de problèmes que vous avez. Si vous avez mal à la gorge, vous vous adressez à Saint Blaise. Si vous voulez vous prévenir des accidents, vous mettez une médaille de Saint Christophe dans votre voiture. J’avoue ne pas être très féru dans ce domaine mais je sais que ce genre de préoccupation intéresse plus de personnes qu’on ne pourrait l’imaginer et ceci essentiellement dans le catholicisme. Vous voyez donc que les différences ne sont pas uniquement théologiques, mais aussi dans la perception de la relation avec le sacré.

Ceci est un extrait de la conférence « Vivre en œcuménisme » faite le 21 mai 2011 à La Roche sur Yon

Fidélité au message de l’Evangile, priorité à l’humain et aux chemins d’humanisation

Extrait de l’interview de Guy Aurenche, président du CCFC-Terre Solidaire accordée à la revue Les Réseaux des Parvis, à paraître dans le no 51 Ce numéro comprendra un dossier entièrement consacré au CCFD-Terre Solidaire. Pour découvrir la Fédération Réseaux du Parvis, visitez le site : http://www.reseaux-parvis.fr Pour vous abonner à la revue, contactez : temps.present@wanadoo.fr (20 euros par an). L’interview complète se trouve aussi sur http://www.culture-et-foi.com/texteliberateur/guy_aurenche_interview.htm

Ou sur http://www.recherche-plurielle.net/nouvelles/news.php

Se rendre audible aujourd’hui oblige à s’immerger dans notre monde et, comme Jésus avec la Samaritaine au puits de Jacob, à en attendre quelque chose : « Donne-moi à boire ! » Respect de la dignité et de la liberté des autres, aux antipodes de l’endoctrinement. Écoute et dialogue pour progresser ensemble. Bien que galvaudé, le terme d’évangélisation ne me gêne pas si c’est bien d’évangile qu’il s’agit. Ce qui compte d’abord, c’est la rencontre et le partage avec le frère en souffrance, et non pas la proclamation fréquemment intempestive du nom de Jésus ou des attributs de Dieu. Une évangélisation que certains qualifieront d’indirecte, mais qui est en fait la plus directe qui soit. Ce ne sont pas les discours qui disent l’évangile et qui en propagent la puissance de vie, c’est le secours humain et matériel apporté à autrui, et notamment aux plus démunis. Que cela ne coïncide pas avec certaines dérives sacralisantes de la religion ne nous chagrine pas au CCFD-Terre Solidaire : Jésus ayant en son temps refusé toute sacralisation de sa personne, les béatifications et les canonisations ne sont pas notre tasse de thé…

Pour éviter que le vin nouveau fasse éclater les vieilles outres, il faut identifier et assumer les changements qui bouleversent l’ordre ancien du monde et de l’Église. L’un des changements les plus décisifs au regard de la religion est la sécularisation, mais celle-ci est souvent mal supportée par le clergé parce qu’elle le dépouille d’une large part de ses prérogatives et de ses pouvoirs. Il s’ensuit, quand l’Église se replie frileusement sur elle-même dans son périmètre sacralisé, qu’elle se coupe des hommes et perd sa crédibilité, qu’elle se condamne à ne répondre qu’à des questions que la société ne se pose plus. Vain soliloque… La position du CCFD-Terre Solidaire s’inscrit résolument, là encore, dans le cours de l’histoire humaine interprétée à la lumière de l’évangile. Loin d’être un handicap, la sécularisation représente à ses yeux, dans la société laïque et pluraliste qui est la nôtre, une chance pour l’évangélisation. Ce n’est que dans la société moderne ou postmoderne telle qu’elle est, avec ses attentes et ses détresses, que le Bonne Nouvelle peut être entendue comme un message de libération, de fraternité et de transcendance.

Annoncer l’évangile aux statues qui peuplent nos églises n’est pas seulement inutile, mais c’est détourner et pervertir la Bonne Nouvelle destinée au monde du dehors. Dans le sillage du prophète Isaïe, Jésus a insisté sur la désacralisation inhérente à son message de libération, se déclarant foncièrement opposé aux sacrifices et aux rituels, et donnant la priorité aux œuvres de justice et d’amour. Mais, rétorqueront certains, l’homme a un besoin congénital de sacré : bien des fidèles âgés ont la nostalgie des cérémonies religieuses de leur enfance et une certaine jeunesse s’enthousiasme pour ce qu’on appelle le retour du religieux. Pour exact que soit ce constat au premier abord, c’est une autre carence qu’il révèle surtout, à savoir l’incapacité de nos communautés à répondre aux attentes du monde contemporain à hauteur d’évangile. Vouloir à tout prix restaurer la religion face aux valeurs du monde n’est pas sans rappeler, triste parallèle, l’appui apporté aux dictatures pour sauvegarder l’ordre social et politique sous couvert de lutte contre l’islamisme

Le Christ s’est arrêté à Rome de Jean ROHOU

 Spécialiste reconnu du XVIIème siècle, Jean Rohou est un humaniste athée. Bon connaisseur de la Bible et de l’histoire du christianisme, il publie un livre à la fois sympathique et critique, qui n’est pas un rejet, mais un appel.

Il est l’auteur de « Fils de ploucs », devenu un classique. Dans « Le Christ s’est arrêté à Rome » (editions-dialogues.fr) 27€, il nous livre une réflexion sur ce que représente de nos jours l’Église, sur sa signification, sa portée mais aussi sur ses paradoxes et débordements.

Préfacé par Mgr Albert Rouet, figure intellectuelle d’une Église ouverte, « Le Christ s’est arrêté à Rome » n’est pas un pamphlet mais un ouvrage qui a pour mission de mener son lecteur, croyant ou non, à la réflexion.

JONAS, réseau d’associations pour un dialogue nouveau entre ÉGLISE et MONDE, a demandé à Jean Rohou les raisons qui l’ont amené à écrire ce livre. Sa réponse se trouve sur leur site :

« La grande prospérité européenne, fondée sur l’exploitation du reste du monde, est terminée. Appauvrissement, chômage, conflits sociaux, délinquance, violences peut-être marqueront l’avenir. On ne pourra résoudre le problème en réduisant l’injustice sociale. Les riches ne sont nullement disposés à partager. De plus, nous vivons dans un système socio-économique mondialisé : la possibilité de le rendre moins injuste à l’échelle d’un pays est très réduite.

 Que faire pour redonner sens à la vie et santé à la société ? De fâcheuses propositions s’affirment déjà : un nationalisme xénophobe, une hostilité aux libertés individuelles. Et des organisations comme l’Opus Dei ou les Légionnaires du Christ s’apprêtent à remettre le christianisme au service de l’autoritarisme. Il faudrait y opposer des solutions généreuses, qui pourraient se réclamer de l’Évangile : outre la foi en Dieu, qui donne sens à toute la vie, il commande l’amour d’autrui et prioritairement des démunis de toute sorte. Qu’avez-vous fait pour les affamés, les étrangers, les malades, les prisonniers ? Tel sera le critère du jugement dernier (Matthieu 25, 31-46).

 Malheureusement, ce n’est pas là-dessus qu’insiste le Vatican, mais sur des censures qui n’ont aucun fondement dans l’Évangile : le célibat obligatoire des prêtres (qui ne s’est imposé qu’au XVIIe siècle), l’interdiction de la prêtrise aux femmes (auxquelles Jésus accordait une attention exceptionnelle pour l’époque), la condamnation de diverses pratiques sexuelles, dont le Christ ne dit rien. Il réprouve l’adultère, mais empêche la lapidation de la coupable, prévue par la loi de l’époque. « Soyez généreux », dit-il. « Ne vous posez pas en juge […] Ne condamnez pas » (Luc 6, 36-37). Le Vatican passe son temps à juger, interdire et condamner. Plus de 1000 théologiens ont été inquiétés ou condamnés par le futur Benoît XVI sous le pontificat de Jean-Paul II.

 La trahison de l’Évangile ne date pas d’aujourd’hui. Dès qu’ils ont cessé de la persécuter, les pouvoirs ont mis la religion de l’Ami des pauvres au service des puissants et des riches. La compromission politique (avec les rois, les seigneurs, Pétain, Franco) est révolue. Mais la compromission socio-économique persiste. Depuis 1891, l’Église a une généreuse doctrine sociale ; mais ce ne sont que des mots. Les associations caritatives font un travail admirable ; mais elles ne peuvent que réduire un peu les scandaleuses injustices d’un système économique et politique dont les dirigeants étaient presque tous chrétiens jusqu’à une date récente, et dont beaucoup le sont encore. Les prêtres-ouvriers s’étaient engagés aux côtés des prolétaires : Rome les a interdits ; puis elle les a rétablis, mais trop tard. L’Église d’Amérique du Sud s’était engagée dans un vigoureux combat contre l’injustice : le Vatican s’est appliqué à le réduire.

 Jamais il n’y eut un décrochage si important entre Rome et les consciences. L’interdiction de la contraception est révélatrice. Le concile Vatican II l’aurait sans doute acceptée. Le pape l’a empêché de se prononcer. Il a nommé deux commissions qui se sont prononcées favorablement : l’une par 52 voix contre 4, l’autre par 9 contre 3 et 3 abstentions. Il l’a néanmoins interdite dans une encyclique qui « n’invoque aucun argument tiré de l’Écriture » (le cardinal Congar). Cette interdiction a provoqué dans la majorité des consciences catholiques « une sorte de stupeur et de scandale », ont déclaré 18 théologiens français qui s’y sont immédiatement opposés, comme des centaines d’autres. Pour la première fois, les fidèles ont massivement désobéi

 Jésus condamnait sévèrement ceux qui « chargent les hommes de fardeaux accablants » (Luc 11, 46). L’Église les multiplie parce qu’elle fonctionne comme un système de pouvoir. Et elles sont souvent tellement inadaptées qu’elles aboutissent à des transgressions — parfois criminelles comme la pédophilie. Sur le terrain les prêtres doivent souvent accepter ou même conseiller des solutions contraires aux principes romains.

 À l’intérieur même de l’Église la plupart de ceux qui sont en situation de parler librement expriment leur désaccord. Ainsi, les supérieurs généraux des jésuites et des dominicains désapprouvent le célibat obligatoire, l’interdiction de l’ordination des femmes et le rigorisme sexuel.

 Pour lui redonner du dynamisme, il faudrait bien distinguer la foi (rapport personnel à Dieu) de la religion, qui relève de l’histoire et trop souvent de l’instrumentalisation socio-idéologique, et de la morale personnelle que suffisent à régler les consciences et les lois civiles. »

Il est possible de voir une interview de plus de 7 mn de l’auteur en cliquant sur le lien suivant :

http://www.editions-dialogues.fr/livre/christ-arr%C3%AAt%C3%A9-Rome/

Se mettre en « appétit » de l’autre

N’est-il pas nécessaire pour l’Église d’établir avec le monde un contact d’une autre nature ? Ne pourrions-nous pas fonder ce lien sur autre chose qu’un rapport d’autorité, qu’une attitude de jugement voire d’exclusion ? Et pourquoi ne pas faire de l’« appétit de l’autre » la base de cette nouvelle relation ? Je fais référence, ici, au beau récit évangélique qui met en scène la rencontre entre Jésus et la Samaritaine. Il fait chaud. Nous sommes dans le désert, dans bien des nuits du monde actuellement. Les équipiers de Jésus partent faire des courses pour le déjeuner. Jésus reste seul au bord d’un puits. Il a soif. Une femme, la Samaritaine, est là, prête à puiser de l’eau, car c’est sa corvée journalière. Jésus s’adresse à elle : « Donne-moi à boire. » Être en appétit, ce n’est certainement pas vouloir « bouffer » l’autre. Le sens que je donne à ce « donne-moi à boire », c’est dire à l’autre que je ne peux vivre sans lui, que sa parole est importante pour moi, que notre dialogue pour­rait nous mener plus loin que nous ne l’imaginions.

Accepter de dire au monde « donne-moi à boire », c’est prendre le risque, comme le Christ l’a pris avec la Samaritaine, d’être embarqué dans des histoires de vie d’hommes et de femmes d’aujourd’hui, histoires qui bousculeront nos discours officiels, convenus. Prendre ce risque signifie accepter d’entendre les paroles de ces hommes et de ces femmes, dans leur existence, avec leurs attentes. Je suis persuadé que si nous n’avons pas d’« appétit », si nous n’avons pas soif du monde, le dialogue en humanité ne pourra pas se faire.

Il est clair que cette mise en appétit n’est pas évidente. Jésus, dans le contexte de la société juive de l’époque, prend un risque en parlant avec une femme qui n’est pas de sa maison. C’est une étrangère, une païenne, une hérétique. Jésus va se laisser entraîner sur un terrain explosif et bien peu « catholique » : la femme va l’interroger sur la technique permettant de puiser l’eau; elle aborde aussi la question de son mari, de ses maris, et de son concubinage, bien peu réglementaire ! Elle parle également du problème du culte, des rites, de ce qu’il faut dire à Dieu, et comment le dire. J’imagine aisément notre Église bousculée par toutes ces questions. Et pourtant, si elle ne sait pas les entendre, si elle n’est pas à l’écoute des « Samaritaines d’aujourd’hui », elle sera incapable de se mettre en appétit; elle ne pourra donc pas véritablement dialoguer avec l’autre. Il ne s’agira que de bavardages ou de rappels à l’ordre !

Dans la rencontre improbable entre Jésus et la Samaritaine, en partant d’une simple soif; le dialogue aboutit aux grandes interrogations existentielles, celles de la vie, de la vie pleine, de la vie éternelle. Je ne doute pas que ce soit l’appétit de rencontre qui ait permis l’écoute. Mieux : cet appétit et cette écoute ont certainement fait de la Samaritaine une disciple encore plus efficace que les douze apôtres… !

Nous sommes parfois appelés à nous approcher, comme Jésus vis-à-vis de la Samaritaine, d’hommes et de femmes dont tout nous sépare. L’autre est parfois bien étrange, dérangeant, voire menaçant. Je l’affuble assez facilement d’étiquettes qui le déshumanisent. Quand le dialogue est absent, que reste-t-il de la dignité de l’autre ? Avec la Samaritaine, nous rencontrons le monde des autres et surtout des « sans- »… Les sans-toit, les sans-papiers, les sans-domicile, les sans-profession. La Samaritaine était bien une femme « sans foi ni loi ». Pourtant, seule la reconnaissance de la dignité manifestée à l’autre par le « Donne-moi à boire » peut éviter la déshumanisation, qui est la première étape vers toutes les violences, comme la torture ! On ne peut pas violenter ou torturer un être humain, mais seulement un être déshumanisé, étiqueté. Je me souviens des propos de l’un des anciens généraux dictateurs en Argentine. Interpellé par un journaliste : « Mon général, vous avez tué 2 500 personnes », ce dernier répondit : « Je n’ai jamais tué 2 500 personnes, ils étaient tous des communistes. » L’étiquetage de l’autre le déshumanise et autorise n’importe quelle conduite à son encontre. Au contraire, en touchant l’autre au coeur de sa personnalité, sans se limiter aux apparences, une relation vraiment humaine peut s’établir. Alors, la torture devient impossible. Dans ses Mémoires, le responsable de la prison où séjourna Nelson Mandela raconte comment il fut accueilli dans le pénitencier par ce célèbre prisonnier. Sachant que le nouveau directeur avait passé son enfance en pays zoulou et donc qu’il y était affectivement très attaché, Nelson Mandela le salua dans la langue de ce peuple. Le directeur, un afrikaner, envoyé dans la prison pour « casser du Noir », du Mandela, ne put s’empêcher, en entendant le leader de l’ANC, de répondre en zoulou ! Il avait été touché au cœur de son être, de sa dignité, par la parole de bienvenue du prisonnier. Mandela avait dépassé les apparences des fonctions et, dès ce jour, avait gagné la bataille de la relation humaine. C’est un défi pour tous les parents, les éducateurs, les catéchistes : retrouver le « zoulou » de notre interlocuteur. Cela, Jésus sait le faire parfaitement !

En nous approchant d’un autre, « avec appétit », nous reconnaissons sa dignité, et lui permettons ainsi d’exister. Au sein de la bibliothèque de Blandine, mon épouse, des cours individuels de rattrapage scolaire étaient organisés pour des étrangers qui vivaient dans des squats insalubres. Un jour, elle demanda à l’un d’entre eux, qui s’appelait Mamadou : « Alors, tu es content de ton cours de maths ? » Et Mamadou de répondre : « Oh, c’est super, c’est la première fois qu’on s’occupe de moi ! » Reconnu dans sa dignité et reconnu pour lui-même, il existait.

Extrait du livre de Guy Aurenche « Le souffle d’une vie » Albin Michel, février 2011.

Guy Aurenche était longtemps président de l’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture). Il est aujourd’hui à la tête du CCFD-Terre solidaire (Comité Contre la Faim et pour le Développement)

Un évêque australien démis de sa charge

Benoît XVI a relevé de sa charge pastorale, lundi 2 mai, Mgr William Morris, évêque de Toowoomba (Australie). Mgr Brian Finnigan, évêque auxiliaire de Brisbane, a été nommé administrateur apostolique.

Dans une lettre lue dimanche 1er mai dans toutes les églises de ce diocèse du Queensland (est), Mgr Morris, 67 ans, avait par avance annoncé son départ, écrivant que le pape a « considéré que le diocèse serait mieux administré sous l’égide d’un nouvel évêque ». Selon Mgr Morris, cette procédure exceptionnelle de révocation fait suite à une enquête ordonnée après des plaintes concernant une lettre pastorale publiée à l’Avent 2006 dans laquelle il estimait que, compte tenu de la baisse du nombre de prêtres, l’Église devait ordonner des hommes et des femmes mariés, discuter de la réintégration des prêtres ayant quitté le sacerdoce, ou encore admettre les ordinations conférées par les anglicans et les protestants.

Ses propos, « délibérément mal interprétés », estime l’ancien évêque, ont poussé le Saint-Siège à envoyer l’archevêque de Denver (États-Unis), Mgr Charles Chaput, mener une visite apostolique dans le diocèse et à ouvrir un dialogue avec les Congrégations pour les évêques, pour le culte divin, pour la doctrine de la foi, ainsi qu’avec le pape.

Une procédure rare

Dans sa lettre, Mgr Morris reproche à Rome son manque de transparence et un déni de justice : « Je n’ai jamais vu le rapport du visiteur apostolique ». Il estime qu’« aucune possibilité d’une défense appropriée » ne lui a été laissée. La procédure de révocation par laquelle le pape peut retirer sa charge à un évêque est rare, la plupart des cas se résolvant par une démission « pour toute autre cause grave » au sens du canon 401 § 2. Cette procédure inhabituelle avait été utilisée en janvier 1995 lorsque Jean-Paul II a retiré sa charge d’évêque d’Évreux à Mgr Jacques Gaillot. Le 31 mars dernier, pour la première fois depuis de nombreuses années, un autre prélat s’était vu retirer sa charge pour de « graves problèmes de gestion » au sein de son diocèse : Mgr Jean-Claude Makaya Loemba, évêque Pointe-Noire (Congo Brazzaville)

.Journal La Croix 2 mai 2011  

J’ai honte de mon Eglise

Non seulement l’Eglise s’obstine dans son aveuglement idéologique à refuser toute réflexion sur les ministères, en particulier sur le ministère des prêtres, mais elle condamne ceux qui ont le courage de le faire. Tel est le dernier acte de Saint Benoît XVI. Mais non je m’égare, il ne s’agit que du Saint Père. Rappelons néanmoins que le 9 février 1970, un certain Joseph Ratzinger a cosigné un manifeste de théologiens allemands demandant que l’on reconsidère l’obligation du célibat des prêtres, pour exactement les mêmes motifs

Voici l’intégralité du mémorandum en allemand

Georges Heichelbech