L’Eglise catholique en France

Quelle sera l’Eglise de demain ?          Personne ne détient la réponse à cette question. On peut supposer que seront maintenus un service public du religieux ouvert à tous et la célébration de rites de passage. On est en droit de penser que des pôles de rassemblement visibles, festifs, diversifiés répondront aux conditions de la vie moderne et aux modes d’expression d’une nouvelle génération. Conjointement existeront, plus nombreuses, des petites communautés chrétiennes de proximité, quelles soient spirituelles, bibliques, ou de partage de la foi.                               

Faut-il conclure  en formulant quelques souhaits ?          

 J. Moingt les présente ainsi, en forme de synthèse : « Pour les années et les décennies à venir, il serait déjà beau de parvenir à donner à l’Eglise de France une structure moins hiérarchique et sacrale, moins exclusivement cléricale et masculine, et un visage un tant soit peu démocratique et laïc : c’est presque une question de décence  dans le monde où nous vivons ! Et c’est sûrement une question vitale pour le déploiement de la mission de l’Eglise ». (Croire quand même, p. 194).                 

Pour ce qui est des modifications institutionnelles, je résumerai ainsi mes propres souhaits :

      L’Eglise ne sortira de son anémie que si elle se tourne résolument vers les besoins de ce temps, ses centres d’intérêt, ses interrogations, ses peurs, ses raisons d’espérer. Les « signes des temps », dont on parle peu aujourd’hui ne sont pas une simple donnée sociologique, mais des réalités où Dieu appelle de façon nouvelle à travers la nouveauté d’un temps.

      Que le peuple des baptisés prenne davantage sa place dans la réflexion, les débats, les décisions qui concernent la communauté chrétienne en tant que telle et la communauté humaine où elle est implantée.      Le temps de la seule soumission est révolu. Les rénovations de l’Eglise partent moins, sauf exception notoire, d’instances dirigeantes, souvent portées à la prudence  que de la contribution d’une partie du peuple chrétien. La mission évangélique nécessite la participation du plus grand nombre possible des baptisés.

      Pour l’avenir de l’Eglise, et surtout pour la venue du Royaume, l’action de l’Esprit et l’ingéniosité des chrétiens –si elle peut librement s’exercer- représentent un capital de renouvellement qui donne des raisons d’espérer. 

Jean Rigal C’est un grand spécialiste de l’ecclésiologie, ancien professeur de l’institut catholique de Toulouse, qui est retraité, a plus de 80 ans et vit actuellement à Rodez.Pour la lecture complète de cet article, il suffit de consulter le site de Jonas, à l’adresse suivante

http://www.groupes-jonas.com/neojonas/article.php?sid=738

On vous parlera aussi de son dernier livre « Ces questions qui remuent les croyants »

Rendre l’évangile au monde

Voici le texte que Jean Marie KOHLER, chercheur en anthropologie culturelle et sociale a envoyé pour introduire son intervention sur le thème Rendre l’évangile au monde, au forum de Croyants en Liberté Moselle qu’il animera le 7 mai 2011 au Foyer Sainte Constance à Metz de 9 h à 17 h 

Se libérer de la religion 

C’est l’évangile qui est notre première passion. Et non pas l’Église en tant qu’institution sociopolitique qui, trop souvent, se soucie plus de sa survie que de sa vocation à témoigner de l’évangile. Mais cela ne doit pas faire oublier que c’est malgré tout par l’Église que le message évangélique nous a été transmis, et il n’existe peut-être pas d’autres canaux pour continuer à le transmettre. Humaine et divine Église, entre Vendredi saint et Pâques… Dans les faits, l’évangile a été accaparé par les institutions ecclésiastiques. Elles ont voulu s’approprier cette source d’eau vive pour en contrôler le cours, se mesurant au souffle et au feu de l’Esprit pour les diriger. Pourquoi et comment une telle chose a-t-elle été osée, et avec quelles conséquences ? Institution sociale, l’Église s’est très tôt alliée aux puissants pour servir sa propre gloire sous couvert de la gloire de Dieu, et ce péché originel la poursuit. Pour rendre aujourd’hui l’évangile au monde, il faut le libérer de la religion qui l’a travesti. L’avenir de Dieu parmi les hommes ne se joue pas dans les sanctuaires et moyennant des rites, ni dans les facultés de théologie. Il se joue dans la splendeur et la boue du monde, dans la jubilation et la détresse des cœurs qui aiment et haïssent, dans l’enfantement, la mort et le désir d’infini. Et ce parmi toutes les nations, toutes les cultures et toutes les religions. 

Pour une foi engagée  

Mille fois trahies, les béatitudes et les paraboles n’ont jamais été oubliées. Dans le passé, une multitude de croyants se sont voués corps et âme, comme François d’Assise, à aimer et à servir leurs semblables et leur Dieu. Les temps modernes ont vu se lever Albert Schweitzer, Martin Luther King, Helder Camara, Oscar Romero, mère Teresa, l’abbé Pierre, sœur Emmanuelle, et d’innombrables inconnus passionnés d’évangile dans l’Église et hors d’elle. D’abord s’impose la lutte pour la justice et la paix. La marchandisation mondialisée des productions et des relations humaines menace à brève échéance l’existence de l’homme et celle de l’humanité. La tyrannie des plaisirs instaurée au profit du marché et les terribles frustrations qui s’en suivent sont mortels. Face à la cupidité, au mensonge et à la violence qu’engendre l’ultralibéralisme, les bonnes volontés doivent partout se mobiliser d’urgence.  Toutes les religions prêchent la bienveillance et le respect de la création, mais le message d’amour apporté par Jésus peut apparaître comme le plus simple et le plus exigeant par sa radicalité et son universalité, comme le plus subversif. Dégagés du dogmatisme qui les rapetisse, les mystères de l’Incarnation et de la Trinité développés ultérieurement par le christianisme contribuent à leur manière à éclairer la voie qui mène l’homme vers Dieu. 

Dans un cadre renouvelé 

Si l’Église voyait avec les yeux du monde le spectacle qu’elle donne au lieu d’exiger que le monde la voie avec les yeux de la foi, elle en serait consternée. Prisonnière d’usages rituels et mondains obsolètes, péremptoire au plan doctrinal et dure dans ses jugements, ne conformant pas ses pratiques à ses enseignements, intéressée et liée par des alliances douteuses, gouvernée par une gérontocratie machiste attachée à un centralisme bureaucratique, etc.  La foi chrétienne n’est pas un savoir ou un legs cultuel qu’il suffirait de conserver et de reproduire, un « dépôt sacré » confié à un corps sacerdotal surplombant le monde. Son inculturation dans les réalités contemporaines est non seulement la première condition de son audibilité, mais la condition incontournable de sa crédibilité, de sa vérité aux yeux des hommes. La fidélité à la foi ne demeure qu’en se renouvelant. Loin de se réduire aux structures et aux représentations qu’elle a héritées de l’histoire, l’Église n’existe pour les hommes et pour Dieu que là où se vit l’évangile. Sans doute lui faudra-t-il, pour renaître, emprunter des formes et des appellations inédites. Ce n’est pas la continuité apostolique et le droit canon, ni même quelque orthodoxie que ce soit, qui la constitue. C’est l’amour et le service des hommes auquel le Christ s’est identifié.

Jean-Marie Kohler        www.recherche-plurielle.net 

L’Eglise catholique et le sacrement de la réconciliation

Un exemple particulièrement douloureux aujourd’hui de l’incapacité d’aggiornamento à l’intérieur de l’Eglise est celui du sacrement de la réconciliation. Depuis au delà de vingt ans on est obligé de constater, dans de nombreuses Eglises, un profond malaise au regard de la manière de définir la forme concrète de ce sacrement. La pratique de ce sacrement est en chute libre et tend, en maints endroits, vers le point zéro. De nombreux pasteurs l’administrent sous la forme actuelle sans grande conviction, estimant qu’elle répond mal aux vrais besoins des hommes d’aujourd’hui. Jean Delumeau, au terme d’une longue étude sur la culpabilisation en Occident, ne craint pas d’écrire concernant l’aveu obligatoire: «Echec de la confession auriculaire? Au niveau collectif, pour moi, cela ne fait pas de doute» En face de cette situation pressante concernant l’un des aspects les plus importants de la vie de l’Eglise, de la vie des croyants et de la pastorale, malgré des requêtes nombreuses pour que la forme du sacrement de Pénitence soit assouplie de manière à ce que celui-ci soit accessible et plus acceptable à l’homme d’aujourd’hui, on ne sait que se lamenter sur une supposée perte du sens du péché et renvoyer aux décrets du concile de Trente présenté comme indépassable. Est-il plus bel exemple d’un cas où l’aggiornamento de l’Eglise, pourtant absolument nécessaire, est rendu complètement impossible par une conception tragiquement bornée et déficiente de la vraie tradition de l’Eglise?Certes, il n’est pas question de préconiser ici des mutations précipitées et inconsidérées. Dans les choses humaines, une certaine modération dans le rythme du changement est toujours nécessaire. Et cela est particulièrement vrai pour les choses spirituelles et religieuses, où les références sereines à la tradition prennent tout leur poids. Mais ce qui fait problème dans l’Eglise, à la fois d’un point de vue théologique et d’un point de vue pastoral, c’est cet alourdissement inacceptable du dépôt, c’est qu’on fasse d’une formulation qui fut énoncée pour un temps et conditionnée par ce temps, une formulation pour toute la suite des temps. Ce qui fait problème, c’est la tentation de fixer et de figer ce qui doit évoluer. Ce qui fait problème, c’est une Eglise qui exagère le poids ou l’autorité de sa propre tradition, qui semble se complaire dans la pure répétition des formules anciennes, sans examiner avec tout le soin voulu leur prétention à représenter la « vérité éternelle », qui se contente d’expliquer les mouvements de désaffection par la méchanceté ou l’infidélité des fidèles, qui s’attache à des formulations de la pensée et des pratiques chrétiennes qui n’intéressent et ne rejoignent plus que des groupes souvent marginaux. Il n’y a vraiment plus d’aggiornamento possible quand on hypostasie les formes culturelles héritées d’un passé désormais révolu, que les portions les plus dynamiques du monde présent ne peuvent plus admirer, voire simplement tolérer.Tout cela fait d’autant plus problème que les habitudes intellectuelles de l’homme contemporain sont tout autres. L’homme d’aujourd’hui sait qu’il faut être capable de remises en question importantes et de revenir sur des doctrines autrefois universellement reconnues. Il est conscient des limites de l’esprit humain. Il est profondément marqué par le sens de l’historicité des décisions et des doctrines, et il sait l ‘influence exercée sur celles-ci par les contextes culturels. Il est spectateur de l’évolution du monde. Il peut constater la fatale partialité des points de vue, engendrée par une  insertion historique et géographique nécessairement limitative. Il sent le besoin d’une approche rigoureusement critique et scientifique des questions. Il est plus que jamais conscient de la dimension mystérieuse des réalités divines et de l’inadéquation de tout ce qui prétend l’exprimer. Il est souvent très au fait des tâtonnements et des errements de l’enseignement ordinaire de l’Eglise et même de certains enseignements qu’on désigne comme extraordinaires. Il est prêt à accepter que Dieu parle dans l’histoire, pourvu que ce soit à travers l’histoire et d’une manière incarnée dans l’histoire. Il n’accepte volontiers l’argument de la tradition que lorsque l’on peut légitimer la tradition qu’on invoque. Il ne se satisfait volontiers que des solutions, théoriques ou pratiques, qui collent à la vie réelle qu’il expérimente. Tel est l’homme contemporain. Une Eglise ne peut s’enfermer dans un passé figé et absolutisé sans le perdre. Pour faire cette analyse, j’ai longuement cité André Naud dans son livre «Le magistère incertain». Il est plus compétent que moi-même pour appréhender cette situation mais je précise que je partage entièrement son point de vue.

La conclusion que j’en tire, c’est qu’il est tout à fait inadmissible que vous puissiez prendre la décision de supprimer les célébrations communautaires du sacrement de la réconciliation. Qui avez-vous consulté avant de prendre une telle décision? Ni les fidèles, ni les prêtres. Pensez-vous vraiment que vous avez le droit d’agir de la sorte contre l’avis de la très grande majorité des croyants? Bien sûr l’Eglise n’est pas une démocratie dans le sens où ce n’est pas un référendum qui dira si le Christ est ressuscité ou qu’il est Fils de Dieu. Mais l’Eglise n’est pas non plus une monarchie, structure sociologique complètement anachronique. Et il est aussi non moins vrai qu’une décision du Magistère qui va à l’encontre du «sensu fidei» ne peut être considérée comme une décision authentique du magistère et de ce fait est critiquable. Votre décision est un acte de cléricalisme qui, une fois de plus, dessert l’Eglise. Et surtout ne dites pas qu’il s’agit de la volonté de Dieu. Ce serait gravement offenser Dieu que de l’affirmer. D’après le contexte biblique, je crois que Dieu dirait plutôt: «Comment peut-on aussi mal comprendre mon enseignement, moi qui voulais libérer les hommes en particulier des servitudes de la loi prise au pied de la lettre. Eux ils ont transformé mon message en oppression des consciences, en prétextant qu’ils font cela pour libérer les hommes. En plus ils ont le culot de dire qu’ils agissent en mon nom, que c’est moi qui ai voulu cela. Décidément ils n’ont pas du tout compris la leçon que j’avais faite aux pharisiens. Ils espèrent créer une Eglise de purs et de durs alors que moi je suis essentiellement venu pour les marginaux.»

Qu’espérez-vous obtenir comme résultat avec ce genre de dictat? Ne croyez surtout pas naïvement que les gens vont retourner au confessionnal. D’après mes observations personnelles, au moins 90% des fidèles n’iront plus se confesser du tout parce qu’ils ne se laisseront pas prendre par cet odieux chantage. Voilà le résultat concret. Un jour vous serez certainement obligé de rendre des comptes. On vous demandera peut-être: «Qu’avez-vous fait des 90 fidèles sur 100 alors que moi j’ai laissé 99 brebis pour aller chercher la 100e qui était perdue?». Vous accusez très facilement les fidèles de ne plus avoir le sens du péché, mais vous, aveuglé par l’idéologie dans laquelle vous êtes enfermé, vous n’avez même pas l’ombre d’un soupçon que vous commettez là un péché très grave. Si vous vouliez chasser de l’Eglise les rares personnes qui y sont encore, vous ne pourriez pas mieux vous y prendre. C’est vraiment très amer d’être obligé de constater cela.

Ceci est un extrait d’une lettre envoyée à Monseigneur Raffin, évêque de Metz, en mars 1989. Avec le recul d’une vingtaine d’années, ce qui était redouté s’est produit et même amplifié. La confession individuelle est pratiquement au point mort. A force de n’autoriser qu’au compte goutte la célébration communautaire de la confession, de moins en moins de personnes se sentent concernées. En discutant avec des responsables ecclésiastiques, ils se contentent de constater ces désaffections, mais en se gardant bien de s’interroger sur les pratiques actuelles. Décidément, comme pour d’autres questions, l’Eglise préfère crever plutôt que de se remettre en cause.

Porter un autre regard sur la prison

La prison est un lieu souvent très mal connu du grand public, qui inquiète, pose question et sur lequel, faute d’une véritable information se colportent souvent beaucoup de contrevérités. Le véritable vécu des 61000 prisonniers en France, alors qu’il n’y a que 48000 places, n’intéresse pas beaucoup. On en parle épisodiquement quand il y a une évasion ou une émeute, mais souvent en négatif, en disant que les personnes qui s’y trouvent n’ont que ce qu’elles méritent et qu’il ne faut surtout pas les plaindre. Et on ajoute que les mauvaises conditions de détention font partie de la punition, que la société a besoin de se protéger contre de dangereux criminels. Et c’est en toute bonne conscience qu’on se désolidarise de personnes que l’on ne considère plus comme faisant partie de notre société. En France, on relève beaucoup d’anomalies dans les conditions de détention : surpopulation, vétusté des locaux, nourriture insuffisante, accès aux soins médicaux problématique, hygiène insuffisante, rupture des liens familiaux, non-respect du droit du travail, désespoir et absence de perspectives pour les condamnés à de longues peines. Cela amène à réfléchir sur le sens de la peine : la sanction n’a de sens que dans la perspective de réinsertion du détenu et son retour dans la vie quotidienne après avoir purgé sa peine. Tant que le sentiment d’insécurité se développera et que l’opinion réclamera en conséquence une politique pénale plus ferme, la place de la prison grandira. Il s’agit d’un effort de longue haleine que de sensibiliser l’opinion pour lui faire admettre qu’il vaut mieux prévenir plutôt que guérir, réconcilier plutôt que réprimer, insérer plutôt qu’incarcérer, responsabiliser plutôt que rejeterChaque détenu est appelé à un moment ou à un autre à retourner dans la société. Pour réussir sa réinsertion, le détenu doit pouvoir participer tout au long de son incarcération à des activités qui le réconcilient progressivement avec lui-même et avec la société. Mettre en valeur ces activités, c’est lui permettre d’exister et de préparer sa sortie. La façon dont un Etat traite ses prisonniers est un assez bon indicateur de la qualité de sa démocratie. Et chacun de nous est interpellé sur le regard qu’il porte sur la prison et sur la solidarité qu’il peut exercer à son niveau pour humaniser la prison. 

A quoi bon rester dans l’Eglise catholique ?

Une question très personnelle : à quoi bon rester dans l’Église catholique quand on a comme moi choisi d’être chrétien à un moment donné mais qu’on se rend compte que cet espace-là, cette institution-là n’est pas du tout propice aux chantiers que vous venez de décrire ? 

J’ai quantité d’amis qui me posent cette question et je leur réponds : « si vous le pouvez, restez pour faire évoluer les choses ». 

Mais comment ? 

En faisant des communautés qui ne soient pas de simple adhésion mais aussi de contestation, en se rappelant que, linguistiquement, « contestation » est lié à « attestation ». On conteste l’autorité pour attester l’Évangile. Que des chrétiens ne puissent plus vivre dans l’institution, je le comprends, mais s’ils sont seuls, ils ne peuvent plus faire grand chose. Je rêve de communautés chrétiennes où pourraient venir d’autres croyants, mais aussi des gens qui n’ont pas la foi, et qui se diraient : « Que pouvons-nous faire ensemble ? Y a-t-il des choses que nous voudrions supprimer ou corriger, ou d’autres que nous aurions envie d’inventer ? » ; qui réfléchiraient à tout cela et décideraient que faire. C’est ainsi qu’on pourra répandre l’esprit de l’Évangile. Je vois souvent des amis à qui je dis : « Faites des groupes, des communautés ; évitez les ruptures bruyantes qui n’aboutissent à rien; gardez même si possible des contacts avec l’institution et faites Église autrement; et puis, bon, vous verrez bien ce qui arrivera ». Il y a des évolutions qui peuvent se faire dans le sein même de l’Église : je recevais hier un fascicule sur la communauté Saint Luc de Marseille, qui reste en lien avec l’institution diocésaine et paroissiale, sous un encadrement peut-être encore trop clérical à mon goût, mais qui lui a permis de faire du neuf à côté d’elle, sans rupture. Sans en faire un modèle, on peut s’inspirer de son exemple, et il y en a beaucoup d’autres de ce genre, comme les groupes de « chrétiens en liberté » des réseaux du Parvis, que vous connaissez bien. C’est en groupe qu’on peut faire des choses importantes, et il est difficile à un chrétien de vivre isolé surtout quand on pense que le christianisme est une religion incarnée et communautaire, non une pure philosophie. Vous ne changerez pas le monde en restant seuls chacun dans son coin, et puisque vous voulez vivre en chrétiens, pensez aussi à changer l’Église, donc à rester en lien.

 
Extrait du livre de Joseph Moingt « Croire quand même », libres entretiens sur le présent et le futur du catholicisme, Editions du Temps Présent, novembre 2010 pages 82 et 83

Précisons que Joseph Moingt a été interviewé par Lucienne Gouguenheim et Karim Mahmoud-Vintam, tous deux membres de NSAE (Nous sommes aussi l’Eglise, non pas une autre Eglise mais une Eglise Autre) et qui font partie des Réseau du Parvis

Le manifeste des théologiens allemands

Plus de 150 théologiens germanophones ont signé un manifeste appelant l’Eglise catholique à entreprendre des réformes de fond.

Le manifeste « Kirche 2011, Ein notwendiger Aufbruch »  ( » Église 2011 : un renouveau indispensable ») a été publié le 3 février dans le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. Plus d’un tiers des 400 professeurs de théologie catholique enseignant dans les universités allemandes l’ont pour l’instant signé. Le dernier mouvement de ce type date de 1989 (« Déclaration de Cologne »). La traduction du manifeste proposée ici a été effectuée par le service religion de TC   Voici un extrait de cette déclaration. On n’y apprend rien de nouveau mais il est intéressant que ce manifeste ait été signé par un nombre important de théologiens. Il ne s’agit donc pas d’un discours de quelques marginaux, comme le dit trop souvent l’Eglise, pour les discréditer

Dans tous les cas, c’est le message libérateur de l’Évangile qui constitue le critère d’une Église crédible, de son action, et de sa présence dans la société. Les défis concrets que doit relever l’Église ne sont pas nouveaux. Pourtant, on a du mal à voir advenir les réformes préparant l’avenir. Le dialogue ouvert à propos de ces réformes doit être mené dans les domaines d’action suivants :

1. Structures participatives

Dans tous les champs de la vie ecclésiale, la participation des fidèles est une pierre de touche de la crédibilité du message libérateur de l’Évangile. Selon un vieux principe juridique, «ce qui concerne tout le monde doit être décidé par tout le monde» : il faut donc plus de structures synodales à tous les niveaux de l’Église. Les fidèles doivent participer aux nominations des principaux ministres (évêque, curé). Ce qui peut être décidé localement doit être décidé localement. Et les décisions doivent être transparentes.

2. Paroisse

Les paroisses chrétiennes doivent être des lieux dans lesquels l’on partage des biens matériels et spirituels. Mais la vie paroissiale est en train de s’éroder. Sous la pression du manque de prêtres, on met en place des unités administratives de plus en plus grandes – des paroisses XXL -, dans lesquels la proximité et l’appartenance peuvent à peine être ressenties. Les identités historiques et les réseaux de sociabilité construits au cours du temps sont abandonnés. Les prêtres sont «envoyés au casse-pipe» et s’épuisent. Si on ne leur fait pas confiance, les fidèles ne se décident pas à participer aux responsabilités et à prendre leur place au sein de structures plus démocratiques de direction de leur communauté. Le ministère ecclésial doit servir la vie de la paroisse, et pas l’inverse. L’Église a aussi besoin d’hommes mariés et de femmes aux ministères ecclésiaux.

3. Culture du droit

La reconnaissance de la dignité et de la liberté de chacun se manifeste particulièrement lorsque des conflits sont gérés de manière juste et dans le respect réciproque. Le droit de l’Église ne mérite d’être appelé «droit» que si les fidèles peuvent effectivement faire valoir les leurs. La protection des droits et la culture du droit dans l’Église doivent être améliorés d’urgence. Un premier pas en ce sens est l’établissement d’un système juridictionnel administratif.

4. Liberté de conscience

Respecter la conscience individuelle, cela veut dire croire à la capacité de l’homme à être responsable et à décider lui-même. Soutenir cette faculté est un des devoirs de l’Église ; mais ce soutien ne doit pas se transformer en paternalisme. Cette question devient très concrète lorsqu’on aborde les grands choix de vie des personnes et leurs modes de vie. La haute considération dans laquelle l’Église tient le mariage et le célibat n’est pas en question. Mais cette considération ne doit pas avoir pour conséquence d’exclure ceux qui vivent de manière responsable l’amour, la fidélité et l’attention réciproque au sein d’un couple de même sexe ou divorcé-remarié.

5. Réconciliation

La solidarité avec les pécheurs suppose de prendre au sérieux le péché qui existe aussi dans nos propres rangs. Le rigorisme moral péremptoire ne sied pas à l’Église. L’Église ne peut pas prêcher la réconciliation avec Dieu si elle ne fait pas elle-même en sorte de créer les conditions d’une réconciliation avec ceux envers qui elle s’est rendue coupable par la violence, par le refus du droit, et par le renversement du message libérateur de la Bible en une morale rigoriste et impitoyable.

6. Le culte

La liturgie vit de la participation active de tous les fidèles. Les expériences et les formes d’expression contemporaines doivent y trouver leur place. Le culte ne doit pas se figer en traditionalisme. La diversité culturelle enrichit la vie cultuelle et cette diversité n’est pas compatible avec la tendance au centralisme unificateur. Le message porté par l’Église ne touchera les gens que si la fête de la foi prend en compte la vie concrète des fidèles.

Le processus de dialogue qui s’ouvre aujourd’hui dans l’Église peut conduire à la libération et au renouveau si tous les participants sont prêts à traiter ces questions pressantes. Il s’agit, par l’échange libre et honnête d’arguments, de rechercher des solutions qui tirent l’Église de cette obsession d’elle-même qui la paralyse. Il n’est pas question que le calme suive la tempête de l’année dernière ! Dans la situation actuelle, ce calme pourrait être mortel. La peur n’a jamais été bonne conseillère en temps de crise. L’Évangile invite les chrétien(ne)s à affronter l’avenir avec courage en gardant à l’esprit les paroles de Jésus lorsque Pierre a été invité à marcher sur l’eau : «Homme de peu de foi, pourquoi doutes-tu ?»

La Süddeutsche Zeitung dans un autre article rappelle aussi à ses lecteurs que le 9 février 1970, 9 théologiens allemands avaient signé un mémorandum adressé à l’épiscopat allemand demandant de reconsidérer le célibat obligatoire pour les prêtres. Parmi ces signataires il y avait Karl Lehmann, Walter Kasper et un certain Joseph Ratzinger qui ont tous fait carrière dans l’Eglise, mais la réflexion sur le célibat des prêtres est restée dans les starting-blocks. On a même essayé de l’étouffer. Mais on sait bien que même d’infimes braises peuvent ranimer une flamme.

Voici l’intégralité du mémorandum en allemand

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La semaine de prière pour l’unité des chrétiens

Le thème de cette année 2011 est la phrase biblique des Actes des Apôtres

 

« Unis dans l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière » (2, 42)

 

C’est de Jérusalem, l’Église-mère, que l’appel à l’unité est parvenu cette année aux Églises du monde entier. C’est un défi lancé à toutes les communautés ecclésiales ! L’appel à l’unité va au-delà des mots et nous oriente vraiment vers un avenir qui nous fasse anticiper la Jérusalem céleste et contribuer à sa construction. Les chrétiens à Jérusalem nous ont appelé à faire de cette semaine de prière l’occasion de renouveler notre engagement à travailler pour un véritable œcuménisme, enraciné dans l’expérience de l’Église primitive. Ils nous ont pressés également de prier avec eux et pour eux dans leur aspiration à la liberté, à la dignité, à la justice et à la paix de tous les peuples sur cette terre.

A Sarreguemines, comme l’année dernière, 7 moments de prière le matin avec entre trente et quarante participants, un échange de chaire et une soirée où était proposée de mettre en œuvre cette communion fraternelle par l’apport de nourriture. 3 des éléments du verset 42 qui décrivaient les premières communautés chrétiennes sont mises en œuvre dans les communautés de paroisse de Sarreguemines. Mais la frilosité de nos dirigeants ecclésiastiques empêche toujours encore la fraction commune du pain qui est pourtant le signe par lequel les disciples d’Emmaüs avaient reconnu le ressuscité.

 

Georges Heichelbech

Le « voyage » en France de Fatoumata – l’Africaine Témoignage

Je m’appelle Laurent CHEVALLIER.Je suis cinéaste et durant plus de vingt ans, j’ai réalisé plusieurs films en Guinée-Conakry (Djembefola, L’Enfant Noir, Circus Baobab, Momo le doyen, etc…). C’est dans ce pays, en 1999, que j’ai rencontré mon épouse Manty CHEVALLIER – CAMARA qui depuis vit en France à mes côtés, loin de sa famille. Nous avions prévu d’inviter sa grande soeur Fatoumata CAMARA à venir passer un mois chez nous pour qu’elle soigne des problèmes chroniques de tension et qu’elle puisse découvrir nos deux enfants, ses neveux.Peine perdue puisqu’après une semaine passée en zone d’attente à Roissy, elle vient d’être réembarquée dans l’avion pour Conakry. Elle n’aura donc connu de notre « beau pays » qu’un centre de rétention et deux tribunaux, celui de Bobigny et celui de la cour d’appel de Paris, avec comme unique moyen de transport des fourgonnettes de police…Que lui reprochait-on ?De s’être présentée, à sa descente d’avion, devant la police des frontières sans toutes les pièces nécessaires à son entrée sur notre territoire. Certes son passeport était parfaitement valable, tout comme son visa et son attestation d’hébergement. Mais voilà, il lui manquait le papier d’assurance médicale, attestation qu’elle avait oubliée à Conakry. De même, elle n’avait pas assez d’argent sur elle. Elle aurait du présenter la somme de 870 euros (soit 29 euros fois 30 jours) et ce malgré une attestation d’hébergement de sa famille qui assurait pourtant la prendre entièrement en charge.24 h après les faits, sur les conseils de la Croix Rouge qui assiste les « retenus », je me suis présenté le mardil8/01 à la ZAPI, la zone d’attente de l’aéroport de Roissy, avec les éléments manquants : somme requise et copie de l’attestation d’assurance, pour régler ce problème et permettre à Fatoumata d’être relâchée. Mais l’officier de police, malgré mon insistance, a refusé catégoriquement de me recevoir, l’affaire devant être jugée.Jeudi 20/01, Fatoumata a été amenée parmi des dizaines d’étrangers au tribunal de Bobigny. On aurait pu peut-être trouver un juge assez compréhensif mais nous sommes tombés ce jour-là sur une présidente, une dure parmi les durs, surnommée en off « l’avocate de la préfecture »… Pas le temps d’étudier son cas, pas le temps d’argumenter, « cas suivant! » et ce ,non stop, de 10 h à 22 h. Durant tout ce temps, les « retenus » n’ont rien eu à manger, juste une petite bouteille d’eau…Fatoumata, très impressionnée par un tel protocole et face à l’insistance d’une présidente pressée d’en finir, s’exprimait difficilement en français;

« Vous venez faire quoi en France ? – Voir ma soeur, son mari et ses enfants – C’est votre aînée ou votre jeune soeur ? – Ma jeune soeur – Combien d’années vous séparent ?» Silence … «Vous ne savez pas ?» Question maintes fois répétée… «Elle ne sait pas! » Fatoumata, après 4 jours de détention – passablement émue et très fatiguée – multiples sautes de tension – ne savait plus précisément si c’est 6 ans ou 7 ans de différence entre elle et ma femme. Pour la présidente, le doute était donc permis! Fatoumata dit venir voir sa soeur mais est-ce vraiment sa soeur ? D’ailleurs est-elle réellement guinéenne ?

Puisque pour cette dame de fer, le nom CAMARA serait uniquement un nom malien… Ignorant (volontairement?) qu’on trouve des CAMARA dans toute l’Afrique de l’Ouest et même en France!Conclusion de cette triste mise en scène: Fatoumata a été replacée au centre de rétention, appelé joliment « zone d’attente » jusqu’au prochain avion… Nous avons donc fait appel de cette décision inique. Mais le samedi 22 janvier, devant la cour d’appel de Paris, une autre juge nous a stipulé que notre appel était irrecevable: on ne peut faire appel que sur la forme et non sur le fond… Et peu importe que sa famille soit présente au tribunal car dixit ce juge : «Même si le Dalaï Lama voulait accueillir Fatoumata, si elle n’est pas en règle, elle retourne chez elle… Moi, je ne fais qu’appliquer la loi. »La procédure ayant été respectée à la lettre, rétention, jugement, il n’y avait donc plus aucune raison de ne pas réexpédier ma belle soeur Fatoumata dans son Afrique natale. Dimanche 23 janvier, elle a donc été renvoyée à Conakry, encadrée par une escorte de policiers telle une vulgaire délinquante. Les autorités de mon « beau pays » la Francepréférant ainsi lui « offrir » une semaine d’humiliation à toute forme d’écoute, à tout geste d’humanité.Les associations liées à ces problèmes d’entrée des étrangers ont calculé qu’une semaine comme celle vécue par Fatoumata coûte à l’état français, à nos impôts donc, environ 25 000 euros (centre de rétention, logement, nourriture, policiers, véhicules, tribunaux, personnel judiciaire, 4 billets d’avion de retour pour Fatoumata et son escorte policière, etc.. ). Plutôt que prendre 5′ pour vérifier des papiers, plutôt que de laisser la parole à un témoin, en l’occurrence mon épouse (elle a essayé, aussitôt le juge l’a fait taire) qui aurait pu aisément prouver devant le tribunal que Fatoumata est bel et bien sa soeur, on préfère une justice express (le mot est faible! ) devenue une simple chambre d’enregistrement d’une politique d’immigration de plus en plus discriminatoire. Ainsi, au fil des années, mon « beau pays » la France a décidé, triste constat, de fermer le plus hermétiquement possible ses frontières à tous les « bronzés » venus d’Afrique. Je parle des Africains mais on pourrait certainement généraliser la question à tous les pays pauvres.Fatoumata n’a donc pas pu venir nous rendre visite en France même si elle y possède des attaches familiales, même si c’est pour une durée d’un mois, ses papiers et son billet d’avion l’attestent, même si ses pièces étaient parfaitement en règle au moment du jugement, même si elle est une mère de famille avec son mari et ses cinq enfants vivant au pays et, de fait, bien décidée à retourner vivre chez elle.Certes, l’entrée de Fatoumata – l’Africaine sur notre territoire n’est pas encore interdite dans les nouveaux textes de loi mais, comme j’ai pu le constater à nos dépends, elle l’est déjà dans les faits… Peut-on imaginer pire encore au « pays des peaux blanches* » ? (* surnom de la France en Guinée)

Laurent CHEVALLIER

PS : pour toutes précisions sur cette histoire, merci de me contacter à: lolo.chevallier@wanadoo.fr

C’était écrit

Editorial de la VieC’était écritJean-Pierre Denis – publié le 26/01/2011 

 

« On ne savait pas ! » Voilà, à peu de chose près, l’argumentaire des dirigeants français quand on leur demande comment ils ont pu se montrer si complaisants avec la dictature Ben Ali. Comme si l’incompétence pouvait servir de béquille au cynisme. Certes, en diplomatie, il faut admettre une bonne grosse dose de realpolitik. On peut concevoir que, si elle cessait tout contact avec les dictateurs, la France ne parlerait plus à grand-monde. Les relations entre les États demeureront longtemps régies en priorité par leurs intérêts respectifs, pas par les idéaux. Mais, franchement, tant de laborieuse mauvaise foi laisse pantois. On préférerait un franc mea culpa. 

Certains criaient pourtant, et que nul n’écoutait. Tenez… voilà ce que Michèle Alliot-Marie – et tout le gouvernement avec elle – ignorait sans doute quand elle proposa la collaboration de la police française aux autorités tunisiennes : « La torture est pratiquée par toutes les forces de police, à savoir : la police politique (…) ; la police qui officie au sein des grandes villes ; la garde nationale qui officie en dehors des grandes villes, c’est-à-dire dans les villages et sur les routes. » Où l’ai-je lu ? Sur WikiLeaks ? Dans un document secret connu de moi seul ? Eh bien, c’est ennuyeux… mais ces informations figurent en toutes lettres dans le dernier rapport de l’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), publié fin 2010.  

L’analyse de l’Acat sur la situation tunisienne s’avère particulièrement explicite et détaillée. « Des journalistes, défenseurs des droits de l’homme et opposants politiques (islamistes ou laïques) sont fréquemment intimidés, harcelés, voire physiquement agressés, ou encore arrêtés et condamnés sur la base d’accusations mensongères telles que l’atteinte aux bonnes mœurs, la tenue de réunions non autorisées, la diffamation, l’ébriété ou la préparation d’attentat. Les condamnations sont prononcées à l’issue de procès témoignant de violations manifestes des droits de la défense. Certains prévenus se voient tout simplement refuser le droit à un avocat. La plupart des magistrats tolèrent la politique répressive orchestrée par le pouvoir, voire y participent. La répression s’est accrue après la réélection très controversée de Ben Ali », relèvent les auteurs. 

L’Acat montre comment des sociétés civiles sont en train de naître un peu partout dans la région, sous l’effet même de la dictature. L’analyse prospective donne donc certaines raisons d’espérer. « La protestation se diffuse parmi les laissés-pour-compte de la libéralisation économique et gagne la rue, écrivent les auteurs. La contestation transcende de plus en plus les clivages politiques traditionnels. Si les mouvements d’opposition islamistes, socialistes, communistes ou libéraux laïques demeurent distincts, ils tendent à se fédérer dans la lutte contre l’autoritarisme des pouvoirs en place et les violations multiples des droits de l’homme et du citoyen, dont ils pâtissent eux-mêmes en tant que militants politiques. » 

Ce document rédigé par l’ONG chrétienne, le gouvernement ne l’avait sans doute pas lu. La République laïque aurait donc dû l’offrir à ses ministres incultes. De fait, à part notre hebdomadaire, trop peu de journaux en ont rendu compte à l’époque. Il était pourtant librement accessible en ligne. Voilà qui donne envie de se pencher sur les autres chapitres. Habitants du monde libre, nous demeurons par nos silences des otages consentants. Ignorants volontaires, nous acceptons de vivre dans Un monde tortionnaire. C’est le titre du rapport. Il ne parle pas que de Tunisie, comme on l’a compris. 

Voici l’adresse du site de la Vie d’où est pris cet article

http://www.lavie.fr/chroniques/editorial/c-etait-ecrit-26-01-2011-13483_37.php

 

Voici l’adresse où on peut télécharger le rapport de l’ACAT 2010 sur la torture

Pour la Tunisie, prendre les pages 181 – 189

http://www.acatfrance.fr/medias/actualites/doc/ACAT_France-Rapport_torture-Dec_2010.pdf